L’économie américaine complètement à l’arrêt dès ce week-end?

Une grève du rail menace de mettre à l’arrêt 30% du fret des Etats-Unis dès ce vendredi. Deux milliards de dollars pourraient s’évaporer de l’économie américaine quotidiennement à mesure que la grève se poursuit. Les travailleurs demandent un emploi du temps plus respectueux de leur vie privée.

Le levier des grèves, c’est de mettre l’économie à l’arrêt. C’est exactement ce que menacent de faire les cheminots et conducteurs de train des États-Unis ce vendredi. Il s’agirait d’une première grève nationale du rail en plus de 30 ans.

Avec la grève, un tiers du fret total du pays se retrouverait à l’arrêt, rapporte CNN Business. Par anticipation de la grève, le fret par rail est aujourd’hui déjà impacté. Différentes compagnies, comme Amtrak, ont déjà annulé de longues routes, et d’autres n’acceptent plus les marchandises dangereuses qui nécessitent un suivi spécial et continu, par peur qu’elles se retrouvent immobilisées. Pour les syndicats, ces mesures sont un moyen de pression et une manière d’éviter la grève, à laquelle 60.000 travailleurs devraient participer.

Un tel arrêt créera des goulets d’étranglement, qui mènera à des difficultés d’approvisionnement dans les magasins. Il pourrait aussi provoquer des arrêts de production dans les usines, ainsi que des hausses des prix pour les consommateurs en conséquence de tous ces éléments.

Deux milliards de dollars par jour

Dans le collimateur des syndicats : les règles en matière d’emploi du temps. Cheminots, ingénieurs et conducteurs doivent être de garde sept jours sur sept. Cette obligation ne leur laisse pas de temps libre, ce qui est néfaste pour leur bien-être. Elle a d’ailleurs déjà mené à de nombreuses démissions (20% des effectifs perdus depuis 2017), ce qui fait que ceux qui restent sont quasi systématiquement appelés quand ils sont de garde (ce qui peut provoquer encore plus de démissions).

Ils veulent donc se faire entendre et une grève semble être un levier considérable dans les négociations. Les opérateurs du réseau ferroviaire s’attendent à ce qu’en cas de grève, deux milliards de dollars s’évaporent, tous les jours, de l’économie américaine.

Inévitable?

La grève semble en tout cas de plus en plus inévitable. Il y a deux mois déjà, les syndicats avaient menacé de faire grève, mais le président Biden a imposé un délai de réflexion de 60 jours. Pendant ce délai, un panel d’experts s’est penché sur la situation et a fait quelques recommandations, comme des bonus et une augmentation des salaires de 24% sur cinq ans. Mais ces recommandations n’ont pas convaincu tous les syndicats.

La période de réflexion touche à sa fin ce vendredi et n’est pas renouvelable, du moins pas du côté de Biden. Seul le Congrès pourrait imposer un nouveau délai. Il pourrait aussi exiger un accord entre les deux parties. Un scénario que ni les syndicats ni les représentants des entreprises, même de celles extérieures au rail et qui sont impactées par les retards potentiels, ne veulent, par peur d’un marchandage politique long et compliqué. Les deux partis au pouvoir devraient aussi être d’accord sur les mesures à prendre, ce qui n’est pas chose aisée.

Une telle grève tombe en tout cas au mauvais moment pour Joe Biden. Les élections de mi-mandat approchent à grands pas. D’un côté, il serait pointé du doigt pour les complications économiques (hausses des prix, recul des activités dans un contexte de menace de récession, etc.) qui pourraient résulter de la grève, mais d’un autre côté, il se revendique défenseur des syndicats et des travailleurs. Reste à voir comment la situation évoluera jusqu’à vendredi.

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