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Brexit: le Royaume-Uni dégaine ses desiderata et menace de couper court aux négociations

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Économie

27/02/2020 | Sonia Romero | 5 min de lecture

Le premier ministre britannique Boris Johnson. (EPA-EFE/JESSICA TAYLOR)

Dans son mandat pour les négociations commerciales avec Bruxelles, le Royaume-Uni a déclaré qu’un accord devrait inclure ‘des obligations juridiquement contraignantes sur l’accès au marché financier et la concurrence loyale’. Le pays menace également de se retirer des négociations dès le mois de juin.

Si le Royaume-Uni n’obtient aucun accès au marché européen d’ici janvier prochain, Londres pourrait se voir exclu de sa plus grande place d’exportation pour des services comme la banque, l’assurance et la gestion d’actifs. Alors que la capitale britannique est pour l’instant le plus grand centre financier d’Europe.

Dans son mandat publié ce jeudi, la Grande-Bretagne a mis les points sur les ‘i’ concernant ses desiderata. Elle a d’abord déclaré qu’un accord devrait fournir un ‘environnement prévisible, transparent et favorable aux entreprises’ pour les activités transfrontalières de services financiers.

Pour cela, elle souhaite des obligations ‘juridiquement contraignantes’ concernant l’accès au marché financier de l’Union européenne, associées à des dispositions visant à maintenir la confiance avec l’évolution des règles. Les Britanniques sont ainsi soucieux de préserver les intérêts de la City de Londres, le centre financier de la capitale. Alors que du côté de l’Union, on ne parle qu’en termes de ‘coopération volontaire’ concernant la réglementation financière. Bienvenue dans un dialogue de sourds.

Un système d’accès ‘opaque’

Selon Reuters, la Grande-Bretagne dit vouloir des arrangements qui permettront aux régulateurs des deux parties de coopérer et d’établir effectivement une ‘confiance durable’ qui puisse traiter les règles au fur et à mesure de leur ‘évolution’.

Quant au secteur financier, il déclare que le système européen d’accès au marché, ‘l’équivalence’, est opaque. Cet accès peut également être retiré en 30 jours, ce qui le rend donc assez peu fiable. Le député allemand de centre-droit Markus Ferber a, à cet égard, indiqué que les règles européennes et britanniques évolueraient au fil du temps. ‘Il doit y avoir un mécanisme pour garantir le maintien de l’équivalence dans cinq ans. Il est donc nécessaire de réexaminer régulièrement le statut d’équivalence’, a-t-il affirmé.

Une sortie des négociations prématurée?

Dans son mandat de négociations avec l’UE, le gouvernement britannique dit également ‘espérer’ que ‘les grandes lignes d’un accord’ soient établies d’ici à juin. ‘Si ce n’est pas le cas (…), le gouvernement devra décider si l’attention du Royaume-Uni doit s’éloigner des négociations et se concentrer sur la poursuite des préparatifs’ pour une sortie de l’UE sans accord le 31 décembre’, rapporte l’agence AFP.

Un collaborateur de Michel Barnier, le négociateur en chef de l’UE, déclarait pourtant la semaine dernière que la fin des évaluations en juin ne signifierait pas une décision réelle sur l’accès au marché.

Si les sociétés financières britanniques souhaitent une certitude dans leurs relations avec les clients de l’UE, elles peuvent créer des filiales dans le bloc européen, dixit Michel Barnier. C’est en tout ce qu’ont déjà fait plus de 300 d’entre elles…

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Source: Reuters


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