Le ralentissement de la croissance en Allemagne pèse sur la zone euro


Principaux renseignements

  • L’Allemagne ne connaîtra qu’une croissance économique limitée dans les années à venir, en raison d’une combinaison de faiblesses internes et de tensions internationales.
  • Les prix élevés de l’énergie et la transition énergétique difficile exercent une forte pression sur l’industrie allemande et sa compétitivité.
  • Le ralentissement économique en Allemagne constitue un risque pour la croissance de l’ensemble de la zone euro et nécessite des réformes structurelles.

Les nouvelles prévisions de croissance indiquent que l’Allemagne connaîtra une croissance limitée dans les années à venir. Le taux de croissance prévu pour 2026 a été réduit de moitié, à 0,5 pour cent. Les prévisions pour 2027 ont également baissé à 0,9 pour cent, rapporte Reuters. Ces chiffres ne sont toutefois pas le fruit du hasard. Ils résultent à la fois de faiblesses internes et de tensions internationales. De plus, l’impact de ces facteurs se répercute sur l’ensemble de la zone euro.

Coûts énergétiques élevés

Les tensions au Moyen-Orient sont source d’incertitude sur le marché de l’énergie, notamment en ce qui concerne les approvisionnements en gaz et en pétrole. Cela entraîne une forte hausse des prix de l’énergie. C’est donc un facteur important à l’origine du ralentissement de la croissance en Allemagne.

L’économie allemande reposant fortement sur une industrie dépendante d’une énergie abordable, les prix élevés de l’énergie pèsent d’autant plus lourdement sur le pays. Lorsque les prix de l’énergie augmentent, les coûts de production augmentent également. De plus, le pays perd ainsi en compétitivité.

De plus, l’Allemagne se trouve toujours dans une phase de transition depuis la disparition de l’énergie russe. Cette transition est coûteuse et extrêmement lente. L’économie reste donc particulièrement vulnérable à de nouveaux chocs sur les prix. Par ailleurs, l’inflation reste relativement élevée, ce qui entraîne une baisse de la consommation. Selon les prévisions, l’inflation devrait atteindre 2,7 pour cent en 2026 et 2,8 pour cent en 2027.

Modèle économique

Outre les tensions externes, il existe également des problèmes internes. Le modèle économique traditionnel de l’Allemagne est mis à rude épreuve. Le pays a longtemps dépendu des exportations, mais dans un monde caractérisé par davantage de restrictions commerciales et des marchés en mutation, cette stratégie s’avère moins efficace.

Par ailleurs, la politique économique se déroule de manière assez laborieuse. Le gouvernement a annoncé d’importants plans d’investissement de 500 milliards d’euros, mais leur mise en œuvre reste largement à la traîne. Les projets sont ralentis par la réticence politique et les processus administratifs. L’industrie nationale est donc confrontée à divers défis. D’une part, la demande est en baisse. D’autre part, la concurrence internationale s’intensifie.

Le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, a toutefois laissé entendre que l’Allemagne n’entrerait pas en récession sans une nouvelle escalade des chocs. Malgré ces propos plus positifs, les perspectives restent mauvaises.

Risques pour la zone euro

Un affaiblissement de l’Allemagne se traduit automatiquement par une baisse de la croissance pour l’ensemble de l’Union européenne, le pays étant la première économie de la zone euro. Le Fonds monétaire international (FMI) a également revu à la baisse ses prévisions pour l’Allemagne. Cela peut être considéré comme un avertissement pour le pays.

Des mesures temporaires ne suffiront pas à résoudre ces problèmes. Des réformes structurelles, de nouveaux secteurs de croissance et des investissements rapides sont essentiels, mais le fossé entre les projets et leur mise en œuvre reste important. De plus, le pays doit réduire sa dépendance vis-à-vis de ses exportations.

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