Le ‘présentéisme’ coûte deux fois plus cher aux entreprises que l’absentéisme

Pour les entreprises, les coûts que représente l’absentéisme pour cause de maladies ou autres sont connus. Cependant, on accorde beaucoup moins d’attention à l’existence d’un autre problème, le présentéisme, à savoir ces employés qui sont présents sur le lieu du travail mais dont la productivité est inférieure à la moyenne car ils se sentent découragés ou épuisés.  

Selon les experts, le taux d’absentéisme équivaut à 4,53% de la masse salariale (2012) tandis que le taux théorique de présentéisme se situe entre 6,34% et 9% de la masse salariale, rapporte Le Parisien. Cependant, le coût caché du présentéisme oscillerait entre 2,67% et 4,86% pour la masse salariale, soit entre 13,7 et 29,95 milliards d’euros par an.

Pour certains secteurs, le coût du présentéisme par salarié pour les entreprises serait deux fois plus élevé que celui de l’absentéisme. Le terme « présentéisme » existe depuis plusieurs années aux Etats-Unis. Il est apparu principalement lors de la grave crise économique et financière d’il y a sept ans lorsque les travailleurs ont commencé à vouloir montrer à leurs patrons qu’ils s’investissaient dans leur emploi et passaient donc de longues heures au bureau, jusqu’à l’épuisement émotionnel. Les spécialistes préfèrent le terme « Burn-in », état précurseur du « Burn-out ». Lorsqu’il est victime de « Burn-in », le travailleur est présent sur le lieu de travail, malgré une démotivation profonde, car il considère qu’il vaut mieux garder son emploi plutôt que de se retrouver au chômage.

Selon une étude du cabinet Midori Consulting, le présentéisme provoquerait une baisse significative de la productivité au travail, tant qualitative que quantitative, et engendrerait une hausse du risque d’accidents et de conflits professionnels. Le présentéisme compromettrait également la guérison de l’employé et mènerait à des problèmes pour récupérer sa santé. Ainsi, selon l’étude citée par Le Parisien, en encourageant le présentéisme, le monde de l’entreprise favorise une durée plus importante d’incapacité de travail, ce qui contribue au coût élevé du présentéisme.

Dans une entreprise où le salaire moyen est de 27.000 euros par an, le coût caché de présentéisme est de 550 euros par employé, calcule Midori. Dans le secteur de la construction, le taux de présentéisme serait entre 3,93% et 5,62% alors qu’il augmenterait entre 7,64% et 10,92% pour le secteur des services. Il s’agit d’un coût caché énorme que les entreprises et les gouvernements ne prennent pas suffisamment en compte, explique Matthieu Poirot de Midori Consulting. Pour l’expert, la solution consisterait à mieux réguler la charge de travail et à revaloriser les salariés via des augmentations de salaires et des promotions. Selon Poirot, beaucoup d’entreprises hésitent encore à investir dans le bien-être au travail car elles ne s’aperçoivent pas du profit qu’elles peuvent en tirer.