Le port du masque obligatoire agace en France: ‘Le gouvernement traite les entreprises comme des enfants’

AP Photo/Michel Euler

À partir du 1er septembre, le gouvernement français imposera le port d’un masque en entreprise. Élisabeth Borne, la ministre française de l’Emploi, l’a annoncé mardi, après consultation des partenaires sociaux.

Le gouvernement estime nécessaire de rendre les masques obligatoires en entreprise. Les masques seront obligatoires dans les couloirs, dans les salles de conférence, dans les open-space, les ascenseurs et les cantines. Seuls ceux qui ont un bureau séparé échappent à l’obligation. En outre, les coûts des masques doivent être supportés par l’employeur, selon la ministre, qui continue également d’encourager le télétravail.

La ministre s’appuie sur un avis que le Haut Conseil de la Santé Publique a formulé le 14 août. ‘Les chiffres ne sont pas bons, nous n’avons pas d’autre choix que d’en tirer les bonnes conclusions’, a déclaré la ministre dans une interview accordée au Journal Du Dimanche. ‘Le gouvernement veut empêcher un tel nouveau lockdown, car les conséquences économiques seraient terribles.’

Borne a ajouté que le nouveau pic épidémique du virus en France s’accélère et que la mesure ne sera certainement pas abrogée de si tôt. Selon Santé Publique France, 22% des 609 clusters actifs aujourd’hui sont situés dans des entreprises, des bureaux et des ateliers. Cela fait du monde des entreprises français la principale source d’infection, avec les maisons de retraite médicalisées (16%), les familles (14%) et les espaces publics (8%).

‘Peut-on enfin arrêter de diffuser des messages de peur?’

Une décision qui n’enthousiasme pas le patronat français : ‘Peut-on enfin arrêter de diffuser des messages de peur qui paralysent la machine économique?’, s’interroge François Asselin, président de la Fédération des PME (CPME) sur la chaîne d’information BFMTV. Même son cloche au Medef. L’association des patrons français estime que de telles mesures ne conduisent qu’à davantage d’inquiétude, et empêchent les gens de se présenter au travail.

La mesure encourage également le télétravail. Mais selon le CPME, le télétravail a un impact négatif sur la productivité selon 86% de ses membres. Avec une diminution de 1 à 3%.

‘Les politiciens n’ont aucune idée du fonctionnement d’une entreprise’

Les syndicats sont également sceptiques, car les masques n’étaient pas nécessaires au début de la crise, mais ils apparaissent soudainement indispensables. Sur BFMTV, François Hommeril, du syndicat de direction CFE-CGC, se demande pourquoi les entreprises sont de plus en plus mise sous pression : ‘Comme si nous qui travaillons en entreprise étions de des enfants’. ‘Les politiciens n’ont aucune idée du fonctionnement d’une entreprise. Je travaille dans une PME de 170 personnes. Si nous décidons quelque chose le matin, il est mis en œuvre l’après-midi.’

100 euros par salarié et par mois

Les entreprises déjà gravement touchées par la pandémie devront également en payer les frais. Selon le CPME, les dépenses pour les masques buccaux, les cloisons en plexiglas et autres outils impliquent un surcoût de 100 euros par salarié et par mois. Les PME demandent donc que le gouvernement assume au moins une partie des coûts.

Aujourd’hui, les entreprises employant moins de 50 personnes peuvent prétendre à une subvention unique pouvant aller jusqu’à 5.000 euros pour couvrir les ‘accidents du travail et maladies professionnelles’. Un peu plus qu’une maigre consolation.

Enfin, les services gouvernementaux effectueront des contrôles pour voir si les mesures au sein des entreprises font l’objet d’un suivi. Les entreprises qui ne respectent pas suffisamment les mesures peuvent s’attendre à des amendes. Les employés qui refusent de porter un masque recevront une sanction après un avertissement.