Le point de basculement est proche: les chaleurs extrêmes feront bientôt plus de morts que les vagues de froid

Durant les 20 dernières années, le froid extrême a fait plus de victimes que la chaleur. Mais petit à petit, cette tendance s’inverse à cause du changement climatique.

Une étude réalisée sur les 20 dernières années montre que plus de 5 millions de personnes meurent chaque année à cause de températures extrêmes, qu’elles soient froides ou chaudes. L’étude nous explique également que 9,4% des décès dans le monde sont liés à l’exposition à la chaleur ou au froid.

Pour réaliser cette étude, les chercheurs ont analysé les données sur la mortalité ainsi que les conditions météorologiques de 750 zones reparties dans 43 pays entre 2000 et 2019. Ils ont constaté que dans ces zones, le température moyenne augmentait de 0,26 degré par décennie. Si les chercheurs ont remarqué que le froid extrême fait plus de victimes que les grosses chaleurs, cette tendance est en train de s’inverser à cause des changements climatiques.

Taux de mortalité en hausse

Un des chercheurs de l’étude, le professeur Yuming Guo de l’Université Monash, explique que ce taux de mortalité va continuer d’augmenter: « À l’avenir, la mortalité liée au froid devrait continuer à diminuer, mais comme la mortalité liée à la chaleur continuera d’augmenter, cela signifie qu’il y aura un point de rupture » explique-t-il.

Selon lui, en Europe, on observe déjà une augmentation globale du taux de décès lié aux températures extrêmes. D’ailleurs, l’Europe de l’Est est une des régions les plus touchées du monde par les vagues de chaleur. L’Afrique subsaharienne, quant à elle, a le taux de mortalité le plus élevé lié aux températures froides, aussi surprenant que cela puisse paraître.

En fait, de telles températures, qu’elles soient extrêmement froides ou chaudes, provoquent des arrêts cardiaques ou des AVC. Chez les personnes les plus vulnérables mais pas seulement. Selon, Adrian Barnett de l’Université de technologie du Queensland, il existe des moyens pour lutter contre ça. On peut par exemple mieux isoler les logements des personnes vulnérables et installer des systèmes de climatisation solaire hors réseaux qui marcheraient même en cas de panne de courant.

Engagements climatiques et santé

Vu la situation, il est devenu difficile de ne pas prendre en compte la santé des citoyens en réfléchissant aux stratégies visant à lutter contre le réchauffement climatique. D’ailleurs, à ce propos, l’Alliance mondiale pour le climat et la santé a établi un classement des pays qui incluent le mieux les problèmes de santé humaine dans leurs engagements climatiques. On retrouve l’Australie à la dernière place de ce classement malgré les nombreux incendies qui ont touché le pays en 2020.

D’autres pays comme la Nouvelle-Zélande, le Brésil, la Norvège ou l’Islande ont tous reçu un score de 0/15: ils ne mentionnent à aucun moment la santé humaine dans leurs stratégies liées aux changements climatiques. Plus globalement, l’Europe obtient un score de 1/15, les États-Unis montent à 6/15 et le Royaume-Uni fait un peu mieux avec 7/15. C’est le Costa Rica qui agit pour la santé de ses citoyens avec un joli score de 13/15.

En Australie, on est bien conscient du problème. En mai dernier, plus de 60 groupes de santé ont appelé le gouvernement à faire de la santé une priorité dans les objectifs que l’Australie doit atteindre dans le cadre de l’accord de Paris. Cette tendance devrait rapidement s’étendre dans plusieurs autres pays du globe.

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