Le plan de l’UEFA pour sauver la Ligue des champions (et tuer dans l’oeuf la ‘Super League’)

Sven Hoppe/Picture Alliance/ISOPIX

La Ligue des champions est sur le point d’être réformée en profondeur. Les clubs de football européens seront autorisés à décider comment tirer profit de la C1, croit savoir le journal économique britannique Financial Times (FT).

Concrètement, une coentreprise devrait être mise en place entre l’UEFA et les clubs européens. La nouvelle société gérerait tous les droits médiatiques et les contrats de sponsoring de la Ligue des champions et de sa petite sœur, l’Europa League. À l’heure actuelle, l’UEFA, l’instance dirigeante du football européen, prend toutes les décisions seules.

Tuer dans l’œuf la Super League

Ces dernières années, les meilleurs clubs européens ont appelé à la création d’une sorte de ‘super ligue’, hors du contrôle de l’UEFA. Une telle compétition fermée entre élites, sans système de montée ou de relégation, serait un coup fatal porté au caractère démocratique déjà mal en point de ce sport. Cela permettrait aux grands clubs – le Real Madrid et le FC Barcelone, notamment, plaident en ce sens – d’accumuler plus de richesses, puisqu’il y aurait constamment des matches de haut niveau à l’affiche.

Si les clubs disposent de plus de contrôle sur les revenus générés par la Ligue des champions, l’envie de créer une telle ligue fermée pourrait être tuée dans l’œuf, estime-t-on du côté de l’UEFA. Actuellement, l’instance répartit elle-même les quelque 3,25 milliards d’euros de prix et de droits de diffusion entre les clubs participants. Un contrôle accru sur les accords commerciaux devrait aider les clubs à générer davantage de revenus.

Des changements radicaux

En outre, la compétition sportive devrait également être réformée, de manière à ce que les meilleurs clubs s’affrontent plus souvent. Il existe une proposition visant à abolir les poules traditionnelles de quatre équipes d’ici 2024. Et le nouveau système compterait 100 matches supplémentaires dans une Ligue des champions à 36 équipes.

Une fois finalisée, il s’agira de la réforme la plus radicale de la compétition paneuropéenne depuis que la Coupe des clubs champions – un tournoi à élimination directe auquel ne participaient que des champions nationaux – a donné naissance à la Ligue des champions, un tournoi plus large réunissant davantage d’équipes européennes, en 1992.

Les observateurs n’excluent pas que la nouvelle société puisse devenir le moteur d’autres changements radicaux dans l’expérience sportive, comme la diffusion en continu des matchs de C1 sur Internet au lieu d’exclusivités négociées avec les chaînes de télévision. Les décisions sportives concernant les règles du jeu et les formats de compétition resteront toutefois le monopole de l’UEFA.

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