Le Parlement européen prépare son mandat de négociation pour un budget de 2 000 milliards d’euros


Principaux renseignements

  • Le Parlement européen votera sur sa position de négociation concernant le budget de l’UE de 2 000 milliards d’euros couvrant la période 2028-2034.
  • Les députés européens doivent trouver un équilibre entre des priorités concurrentes et de nouvelles sources de recettes potentielles.
  • L’issue de ces négociations déterminera l’orientation politique et le pouvoir de dépense de l’Union européenne pour la prochaine décennie, avec des répercussions sur tous les domaines.

Le Parlement européen se prépare à négocier le prochain budget à long terme de l’Union européenne, couvrant la période 2028-2034. Les rapporteurs parlementaires Siegfried Mureşan et Carla Tavares présenteront aux journalistes leur proposition de position avant un vote crucial au sein de la commission des budgets.

Mandat de négociation du Parlement

Ce vote marque une étape importante dans le processus budgétaire, car il déterminera le mandat de négociation du Parlement avec le Conseil de l’UE, qui représente les États membres. La Commission, qui a présenté sa proposition initiale de budget de 2 000 milliards d’euros en juillet 2025, vise à réorganiser les dépenses de l’UE en renforçant la flexibilité, en simplifiant les programmes de financement et en donnant la priorité à la compétitivité.

Le budget est également conçu pour répondre à des priorités plus larges de l’UE telles que la sécurité, la résilience industrielle, l’innovation et le soutien aux technologies propres et numériques. Le rôle du Parlement va au-delà du simple commentaire ; son consentement est essentiel pour que le cadre financier pluriannuel (CFP) entre en vigueur.

Par conséquent, le vote de la commission révélera comment les députés européens entendent utiliser leur poids dans les négociations avec les États membres. Le projet de position permettra de savoir si les députés européens acceptent la structure budgétaire proposée par la Commission ou s’ils souhaitent des modifications concernant les allocations de fonds, les mécanismes de contrôle, les sources de recettes et l’équilibre entre contrôle parlementaire et flexibilité.

Flexibilité 

L’accent mis par la Commission européenne sur un budget plus adaptable devrait constituer un point de discorde majeur. En effet, si une plus grande flexibilité peut permettre de réagir plus rapidement aux crises et à l’évolution des priorités, elle pourrait aussi soulever des inquiétudes. Ces inquiétudes concernent la responsabilité démocratique. Elles touchent également la prévisibilité pour les bénéficiaires. Enfin, elles portent sur la capacité du Parlement à contrôler les décisions de dépenses.

Par ailleurs, cette proposition intervient à un moment où les dépenses de l’Union européenne font face à des demandes concurrentes. Ces demandes proviennent de plusieurs secteurs, notamment la défense, le soutien à l’Ukraine, l’élargissement, la compétitivité, la recherche, la politique climatique, l’agriculture, la cohésion et la migration. De plus, le prochain CFP devra tenir compte du coût du remboursement des emprunts liés à l’instrument de relance post-pandémie.

En outre, la génération de recettes constitue une autre question sensible. La Commission propose de nouvelles ressources propres. Celles-ci incluent les recettes du système d’échange de quotas d’émission, le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, les déchets électroniques non collectés, les accises sur le tabac et une contribution des grandes entreprises opérant dans l’UE. Toutefois, ces propositions doivent être examinées avec attention. Elles peuvent avoir un impact sur les contributions nationales. Elles peuvent aussi influencer les coûts pour les entreprises. Enfin, elles touchent à l’équilibre entre financement européen et financement national.

Équilibre délicat du Parlement

Les négociations sur le CFP comptent parmi les plus difficiles sur le plan politique pour les États membres. Les contributeurs nets prônent généralement la rigueur budgétaire. Les bénéficiaires des fonds de cohésion et des aides agricoles s’opposent aux réductions ou aux changements structurels. Par ailleurs, l’introduction de nouvelles priorités, notamment la défense et la compétitivité industrielle, ajoute une pression supplémentaire. Elle ne réduit toutefois pas les engagements existants.

En outre, le défi du Parlement consiste à définir une position suffisamment ambitieuse pour influencer les négociations. Il doit aussi rester suffisamment cohérent pour résister aux négociations plénières et interinstitutionnelles qui suivront. La phase en commission ne finalisera pas le budget. Elle fixera cependant les paramètres de l’engagement des députés européens dans le processus.

Enfin, la réunion d’information du 14 avril est cruciale. Elle permet aux principaux négociateurs du Parlement de présenter leurs priorités. Cela se fait avant le vote en commission. Cela intervient aussi avant l’intensification des négociations politiques avec les États membres.

(jw) (fc)

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