Le Parlement européen a voté l’arrêt de mort du moteur à combustion… à une exception

Dans l’Union européenne, la vente de nouvelles voitures à moteur à combustion devra cesser complètement d’ici le milieu de la prochaine décennie, selon la décision du Parlement. Une proposition de certains parlementaires de centre-droit, qui tentaient d’édulcorer l’intervention, a été rejetée. L’interdiction fait partie du « Green Deal » avec lequel l’Union européenne veut formuler une réponse à la crise climatique.

Pascal Canfin, le président français de la commission de l’environnement au Parlement européen, a qualifié ce vote de décision historique qui ouvre la voie à une nouvelle ère de neutralité climatique: « C’est une grande victoire pour le climat. »

Pression sur les gouvernements

La proposition a été soutenue par 339 membres, avec 249 votes contre, tandis que 24 abstentions ont également été enregistrées. Le Parlement européen doit encore négocier l’adoption finale de la mesure avec les gouvernements nationaux des différents États membres de l’Union. Cependant, ce vote accroît la pression sur les gouvernements pour mettre fin à l’ère du moteur à combustion dans l’Union européenne.

La Commission européenne a évoqué pour la première fois l’introduction d’une interdiction des moteurs à combustion interne en juillet de l’année dernière. Cette proposition faisait partie d’une série de mesures environnementales destinées à contribuer à la lutte contre le réchauffement de la planète et le changement climatique.

Ce paquet a pour ambition de réduire les émissions de dioxyde de carbone dans l’Union européenne de 55 % d’ici la fin de la décennie par rapport aux niveaux enregistrés au début des années 1990. D’ici le milieu du siècle, l’Union veut devenir neutre sur le plan climatique.

Actuellement, les nouvelles voitures vendues dans l’Union européenne peuvent émettre jusqu’à 95 grammes de dioxyde de carbone par kilomètre. Au milieu de la prochaine décennie, cependant, ce niveau sera réduit à 0. En pratique, cela signifie non seulement que la vente de voitures neuves équipées de moteurs à essence et diesel sera interdite, mais aussi que la vente de types hybrides devra cesser.

Alternatives à faible taux d’émission

Un certain nombre de députés conservateurs ont tenté d’édulcorer la mesure afin que seulement 90 % du parc automobile européen soient concernés.

Cette initiative a été soutenue par l’Association allemande de l’industrie automobile (VDA), qui estime qu’il faut donner une chance aux solutions alternatives, avec des moteurs à combustion interne à faibles émissions. L’industrie automobile allemande a également fait valoir que le délai était trop court, compte tenu du déploiement de l’infrastructure de recharge pour les voitures électriques.

Bien que l’interdiction des voitures à moteur à combustion interne n’ait pas encore été définitivement approuvée, la plupart des constructeurs automobiles européens ont déjà adapté leurs plans futurs pour se concentrer sur le développement des voitures électriques.

Plusieurs constructeurs veulent passer à une flotte électrique avant la nouvelle échéance. Un certain nombre de marques – dont Ford, Vauxhall et Opel – souhaitent effectuer cette transition avant la fin de la décennie.

Un certain nombre de marques de luxe prévoient également de ne pas attendre l’échéance européenne pour faire rouler leurs flottes en mode électrique dans le monde entier. Il s’agit notamment de Jaguar (2025), Alfa Romeo (2027), Bentley (2030) et Volvo (2030). Les voitures de luxe bénéficient toutefois d’un régime d’exception à la loi de fin des ventes de moteurs thermiques pour 2035 : les véhicules fabriqués à moins de 1.000 exemplaires pourront continuer à rouler à l’essence. Un amendement déjà surnommé « Ferrari » et qui fait grincer des dents, alors que ce projet risque de peser lourd sur les plus démunis, souvent contraints de se contenter de véhicules plus anciens, et donc plus polluants.

(MB)

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