Le nouveau défi des firmes de télécom : la plus grande fréquence des catastrophes

Un technicien répare une ligne électrique après le passage de l'ouragan Dorian, une catastrophe qui a affecté les Bahamas
EPA-EFE/CRISTOBAL HERRERA

Le changement climatique n’épargne pas les entreprises de télécommunications. Leurs réseaux cellulaires sont vulnérables aux désastres météorologiques, toujours plus nombreux. Une réalité que les firmes prennent de plus en plus en compte dans leurs projets à long terme.

‘Nous avons vu, comme beaucoup l’ont fait, que l’intensité et la fréquence des tempêtes augmentaient en raison du changement climatique’, note Brian Trosper, vice-président de l’ingénierie de maintenance auprès de la firme de télécom américaine Verizon.

Des modélisations pour prévoir les futures catastrophes… 30 ans à l’avance

Les entreprises de son secteur n’attendent pas après le gouvernement américain pour s’adapter à cette nouvelle donne. Elles prennent donc d’ores et déjà des initiatives pour s’y préparer. L’un des grands axes de cette stratégie porte sur la prévision de ces catastrophes des décennies à l’avance grâce à des outils de modélisation. 

Verizon elle-même a commencé à exploiter les données provenant des compagnies d’assurance pour évaluer les risques correspondants. Ces données sont intégrées à une modélisation visant à déterminer comment le changement climatique affectera les équipements de son réseau.

De son côté, AT&T a signé un partenariat avec le Laboratoire national Argonne du ministère américain de l’Énergie. L’objectif : créer un outil dédié aux changements climatiques capable de prédire les impacts de ces catastrophes sur une échelle temporelle de 30 ans. Pour le moment, ce modèle prédictif ne concerne que quatre États américains situés dans le sud-est du pays. Mais il est voué à être déployé sur une zone bien plus vaste. 

L’analyse des cataclysmes passés

En particulier, la firme exploite cette modélisation pour déterminer les endroits où elle doit bâtir ses relais cellulaires, ses équipements liés à la fibre optique ou à son infrastructure centrale. Le système permet de circonscrire des zones sujettes aux ouragans ou aux inondations, qui pourront être évitées pour les nouvelles installations.

De plus, les entreprises des technologies ‘wireless’ étudient également les catastrophes passées pour en tirer les leçons et adapter leurs plans de reconstruction en conséquence.

Suite aux dégâts causés par les inondations provoquées par l’ouragan Matthew en 2016, Verizon a ainsi ajouté des ‘échasses’ aux blocs d’alimentation de certains de ses relais cellulaires. Après le passage de l’ouragan Michael en Floride l’année dernière, elle a changé d’avis sur un projet de fibre optique à Panama City, et décidé que le réseau correspondant serait souterrain, plutôt qu’aérien. La firme s’est également dotée d’un plan pour prévenir les dégâts causés par les incendies. 

AT&T et T-Mobile ont elles aussi pris des mesures adaptatives comparables après les différentes calamités météorologiques qui ont affecté les États-Unis au cours des dernières années.

Source : Axios