Le MR se perd dans son jeu de chaise musicale, et laisse finalement Ducarme sans titre de ministre

Georges-Louis Bouchez (MR)
Isopix

Le MR était le dernier parti à annoncer ces ministres pour le gouvernement De Croo I. La nomination de Valérie De Bue comme cheffe de groupe à la Fédération Wallonie-Bruxelles oblige le parti libéral francophone à lui trouver un remplaçant au gouvernement wallon. Denis Ducarme a été proposé. Problème: la composition de l’exécutif au régional ne respecte plus la règle des deux tiers.

C’est le président du CDh, Maxime Prévot, qui a fait remarquer ce problème sur Twitter. ‘Sauf à me tromper, le casting du MR ne respecterait pas le décret’. Il parle ici du décret de 2019 qui impose qu’un tiers du gouvernement régional soit composé de femmes. Avec trois femmes sur 8 ministres à la Région wallonne, le quota était tout juste respecté. Mais si Valérie De Bue s’en va et qu’un homme prend sa place, la représentation des femmes serait bafouée.

Dans les coulisses du parti, la décision est très mal passée. Surtout pour Willy Borsus et Jean-Luc Crucke qui ne veulent pas de Denis Ducarme à la Région.

Le MR avait plusieurs solutions pour remédier à ce problème :

  • Trouver UNE remplaçante à Valérie De Bue à la Région wallonne ;
  • Laisser Valérie De Bue comme ministre de la Fonction publique, du Tourisme, du Patrimoine et de la Sécurité routière en Wallonie et trouver un nouveau chef de groupe à la Fédération Wallonie-Bruxelles ;
  • S’arranger avec le PS pour que la remplaçante de Dermagne à la Région soit une femme et ainsi conserver le quota.

Le parti a finalement décidé d’annuler son changement. Valérie De Bue garde donc sa place dans le gouvernement wallon. Denis Ducarme, le principal challenger de Georges-Louis Bouchez lors des élections à la présidence du MR, repart avec le poste de chef de groupe au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Maigre consolation pour ce ténor du parti.

La question de David Clarinval

Le MR a aussi désigné David Clarinval comme ministre des Affaires intentionnelles. Problème : ce titre ne peut être porté que par un vice-premier ministre. Au MR, c’est Sophie Wilmès qui a obtenu cette place en plus des ministères des Affaires étrangères, des Affaires européennes, du Commerce extérieur et des Institutions biculturelles.

Le MR semble avoir deux solutions s’il ne veut pas revoir une seconde fois toutes ses nominations :

  • Donner la place de vice-premier ministre à Clarinval, ce qui semble toutefois peu probable, car Sophie Wilmès est certainement la mieux placée à ce poste en tant qu’ex Première-ministre et nouvelle ministre des Affaires étrangères. Elle est aussi pour le moment la seule femme vice-Première.
  • Donner le ministère des Affaires institutionnelles à Wilmès, bien qu’elle en gère déjà 4. Clarinval ne serait alors plus que ministre des PME, des Classes moyennes, des Indépendants et de l’Agriculture.

La décision sur ce point n’a pas encore été prise. Le parti libéral réussira peut-être à négocier que le ministère des Affaires institutionnelles ne soit pas obligatoirement donné à un Vice-premier ministre.

Le chaos dans le parti

Pour couronner le tout, la décision de nommer Mathieu Michel, le frère de Charles Michel en a surpris plus d’un. Et pour cause, l’homme est encore très peu connu du grand public. On sait que le président du MR est un proche du clan Michel, repéré très jeune par le père (Louis). Le fils, actuellement chef du Conseil européen, nie toutefois avoir encouragé cette nomination.

Au final, Georges-Louis Bouchez a réussi à créer un beau bordel dans son parti alors qu’il ne devait nommer que 3 ministres. Le problème, selon les sources de la DH, est que Georges-Louis Bouchez aurait pris les décisions des nominations seul. Il n’aurait pas consulté les autres membre important du parti, ce qui semble avoir provoqué leur colère. Le président du MR s’était déjà attiré les foudres de certains cadres durant les négociations.