Le métavers va-t-il répondre à notre quête d’immortalité ?

Bien qu’ils existaient depuis un moment déjà, sous une forme primaire, les mondes virtuels ont gagné en visibilité suite à l’annonce de Facebook de se rebaptiser en Meta. Depuis, le métavers – ou les métavers – ne cesse de faire parler de lui, notamment auprès des adeptes de tout ce qui se rapproche au numérique et aux technologies. Son concept n’en reste pas moins encore assez flou, mais pour certains, il pourrait répondre à un grand fantasme : celui de l’immortalité.

Faire du shopping, voyager, signer des contrats ou simplement interagir avec autrui sont des activités qu’offrira le métavers tel que le conçoivent les géants de la tech. Un espace virtuel dans lequel les individus pourront évoluer à travers un avatar totalement personnalisable et qui pourrait même prendre le pas sur la réalité – pour les entreprises, ce cas de figure serait une bénédiction, alors que pour le commun des mortels, cela se rapproche plutôt d’un cauchemar, mais pas pour tous. En effet, pour certains, le métavers représente un espoir de vivre éternellement.

Les nouvelles technologies et la quête d’immortalité

L’émergence de l’intelligence artificielle a donné lieu à des applications extraordinaires, mais aussi à des utilisations plus étonnantes. Certains ont vu dans l’IA le moyen de garder contact avec des personnes décédées, grâce notamment au machine learning. Une IA peut en effet étudier un individu vivant ou se baser sur des messages envoyés par des personnes décédées pour copier son caractère ou ses réactions et ainsi se faire passer pour lui ou elle.

Des entreprises spécialisées proposent déjà de discuter avec des proches décédés à travers un système de messagerie, mais avec le métavers, l’expérience pourrait aller plus loin.

En collectant toutes sortes de données à propos d’un individu, il serait possible de créer son avatar de toute pièce dans le métavers. Des entreprises, dont Somnium Space, s’y attèlent déjà.

Un processus de son vivant

Pour y parvenir, les utilisateurs vivants doivent fournir toutes sortes d’informations à leur sujet, mais aussi autoriser ces entreprises à collecter des données sur leur manière de se comporter, d’interagir ou encore de s’exprimer via les échanges vocaux réalisés dans la sphère virtuelle.

Outre le caractère, la personnalité et le vécu de la personne, son physique pourra également être copié. De cette manière, son avatar qui lui survivra lui ressemblera tant sur le plan physique que mental.

Mais ça fonctionne aussi dans l’autre sens

Donner virtuellement vie à une personne décédée n’est pas nouveau. Combien d’artistes morts sont soudainement réapparus sur scène sous la forme d’un hologramme pour un « dernier show » ? Tupac, Freddie Mercury, Michael Jackson ou encore Ray Charles, pour ne citer qu’eux. Et cela pourrait devenir la norme avec le développement des métavers. Le rappeur Notorious BIG s’apprête d’ailleurs à « renaitre de ses cendres » 25 ans après sa mort.

Les startups Burst et Surreal Events veulent en effet recréer virtuellement Notorious BIG dans le métavers The Brooks, monde recréant le Brooklyn des années 90.

Faire revivre des stars ou des personnes lambdas repose sur le même principe que pour les personnes vivantes qui souhaitent se dupliquer dans le métavers. Il suffit de collecter des données à leurs propos, afin de nourrir une intelligence artificielle. L’accès à ces informations est simplement plus compliqué, mais l’IA devra certainement combler les trous grâce, encore une fois, au machine learning.

Un concept qui pose question

Dans le cas des personnes déjà décédées que l’on souhaite copier, la question du consentement se pose, et ce, même pour les personnalités publiques. Pour l’heure, l’ampleur du métavers et ses répercussions sur notre vision de la réalité et sur la psychologie des utilisateurs ne sont pas encore connus et les dérives pourraient être multiples.

Pour ceux qui souhaitent, de leur vivant, persister dans le métavers une fois passés à trépas, beaucoup d’inconnues persistent encore, notamment la question de savoir combien de temps l’avatar survivra – une fois le contrat arrivé à son terme, la copie de l’être cher disparaitra à son tour ce qui pourrait être vécu comme une deuxième perte pour les vivants -, mais aussi quelles seront les limites des interactions avec lui ? Des abus pourraient très bien lui être affligés sans que personne s’en accommode puisqu’il se rapprochera plus d’un PNJ d’un jeu vidéo (un personnage non jouable) plutôt que d’une personne à part entière.

De nouvelles questions éthiques devraient faire leur apparition à mesure que le métavers se développe et que les utilisateurs s’immergent dans ces mondes virtuels. Le rapport à la mort devrait en tout cas évoluer si l’offre d’immortalité intramétavers venait à devenir la norme, mais nous allons peut-être un peu loin dans notre réflexion.

Outre ces questions, on pourrait se demander si, grâce au progrès, on ne pourrait pas un jour aller plus loin et véritablement sauvegarder notre mémoire dans un avatar. Celui-ci se rapprocherait alors plus de nous et pourrait continuer à vivre dans le monde virtuel, pendant que le vrai nous pourrit six pieds sous terre. Mais là encore, nous allons peut-être trop loin.

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