Le Maroc souhaite être le premier pays africain à acquérir des avions de combat F-35


Principaux renseignements

  • Le Maroc souhaite acquérir pour 18 milliards de dollars (15,5 milliards d’euros) d’avions de combat furtifs F-35 afin de devenir la première puissance aérienne africaine de cinquième génération.
  • Cette acquisition fait contrepoids à la technologie militaire d’origine russe dont dispose l’Algérie.
  • La normalisation diplomatique issue des Accords d’Abraham a accéléré le soutien de Washington à cette transaction.

Le Royaume du Maroc mène actuellement des négociations de haut niveau avec les États-Unis en vue d’acquérir des avions de combat furtifs F-35, une transaction évaluée entre 17 et 18 milliards de dollars. En acquérant potentiellement jusqu’à 32 appareils F-35A, le Maroc se distinguerait comme la première nation du continent africain à utiliser la technologie des chasseurs de cinquième génération.

Cette initiative stratégique vise à redéfinir la dynamique des pouvoirs régionaux en Afrique du Nord, notamment pour contrebalancer la dépendance de l’Algérie vis-à-vis de la technologie aéronautique d’origine russe.

Moderniser la défense

Cette démarche constitue la pierre angulaire du plan global de Rabat visant à moderniser ses infrastructures de défense et à renforcer ses capacités de combat aérien. L’Armée de l’air royale marocaine cherche à évoluer vers une doctrine de guerre fondée sur la domination de l’information afin de mieux faire face à un contexte sécuritaire instable.

Ces ambitions s’accompagnent d’une augmentation substantielle des dépenses militaires, le budget de la défense devant atteindre 13,3 milliards de dollars (11,5 milliards d’euros) d’ici 2025.

L’impact des Accords d’Abraham

La progression de ces négociations a été accélérée par les Accords d’Abraham de 2020, grâce auxquels le Maroc a normalisé ses relations diplomatiques avec Israël. Ce changement géopolitique a renforcé le partenariat du Maroc avec Washington. Selon certaines informations, Israël soutient cet accord, considérant le Maroc comme un allié fiable et stable qui privilégie les stratégies défensives.

Présence mondiale du F-35

Parallèlement, les États-Unis affinent leur propre posture militaire mondiale, comme en témoigne le déploiement d’escadrons de F-35B sur la base japonaise d’Iwakuni pour remplacer les F-18 Hornet vieillissants. Ces appareils à atterrissage vertical offrent aux États-Unis une plus grande agilité opérationnelle en Asie, réduisant ainsi leur dépendance vis-à-vis des pistes fixes vulnérables.

Cependant, le F-35B est confronté à certaines contraintes, telles qu’un rayon d’action réduit à 700 kilomètres — bien inférieur à la portée de 2 000 kilomètres du J-20 chinois — et des coûts de maintenance plus élevés, s’élevant en moyenne à 140 millions de dollars par appareil.

Pressions géopolitiques

En fin de compte, alors que les États-Unis s’attachent à stabiliser leur présence dans le Pacifique, le Maroc s’efforce d’assurer sa propre supériorité aérienne de pointe. Les deux nations utilisent une technologie furtive de pointe pour faire face à des pressions géopolitiques distinctes mais cruciales dans leurs régions respectives du globe. (fc)

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