Le marché de la cocaïne s’effondre suite à la crise du Covid-19

Narcos – Netfix.

On le sait, les économies mondiales se sont effondrées avec le ralentissement provoqué par la pandémie de coronavirus. L’industrie de la cocaïne et autres drogues ne fait exception, en proie elle aussi à une profonde crise structurelle.

Dans les plantations d’Amérique du Sud, les feuilles de coca qui composent la cocaïne n’intéressent plus personne. ‘L’économie de la feuille de coca s’est effondrée’, déclare au Washington Post Rubén Leiva, un producteur péruvien. ‘Personne n’en achète.’ Selon le média américain, le prix des feuilles a baissé de près de 73 % dans certaines régions.

La faute à la fermeture des frontières, qui a empêché de nombreux employés à se rendre dans les plantations. Des frontières closes qui ont aussi rendu impossible l’approvisionnement en matière spécifique, telle que l’essence bon marché, utilisée dans le raffinement de la cocaïne.

Et même s’ils parviennent à fabriquer leur produit fini, les cartels ne trouvent plus preneurs. Car en pleine pandémie, les priorités sont aussi ailleurs, dans les réserves d’oxygène par exemple. Les frontières réduites empêchent encore une fois l’acheminement des drogues à l’étranger, et renforcent les contrôles contre le narcotrafic à l’intérieur du pays. Bouleversés par la crise du coronavirus, les cartels d’Amérique du Sud doivent revoir leur modèle ou disparaître. 

Une crise qui rebat les cartes des cartels

Une tâche compliquée pour les narcotrafiquants d’Amérique du Sud. Afin d’échapper aux contrôles, ils décident par exemple de faire un détour considérable par les Caraïbes. Mais la Navy américaine n’est pas née de la dernière pluie, et tente à son tour de contrer ces tentatives en bloquant toute circulation maritime. ‘En bref, les cartels prennent une raclée’, résume Michael Vigil, ancien agent de la Drug Enforcement Administration (DEA).

Le sud du continent n’est pas le seul à souffrir de cette nouvelle situation. Aux États-Unis, la DEA a remarqué une explosion du prix des drogues, provoquée par une raréfaction de l’offre. La cocaïne se négocie désormais à prix d’or dans les rues de Miami, Atlanta, New York ou encore San Francisco.

Les cartels ne sortiront pas tous indemnes de cette profonde crise structurelle. ‘Les seuls qui survivront seront les cartels géants’, prédit Michael Vigil. ‘Ils vont complètement anéantir les plus petits qui n’ont pas les infrastructures ou les sources de revenus nécessaires pour survivre à la rupture de la chaîne d’approvisionnement observée’. Entre le marché noir et le commerce légal, il y a certaines choses qui ne changent pas…

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