Le jour où Donald Trump a mis en cause la politique énergétique de l’Allemagne, et que la délégation allemande lui a ri au nez

Un discours de 2018 de Donald Trump à l’Assemblée générale des Nations unies refait surface sur les réseaux sociaux. L’ancien président américain, qui a souvent suscité la moquerie lors de ses discours internationaux, y pointait du doigt la dépendance de l’Allemagne au gaz russe. La délégation allemande, présente sur place, lui riait alors au nez. Le symbole d’une politique allemande conciliante avec Moscou qui s’est effondrée.

« L’Allemagne deviendra totalement dépendante de l’énergie russe si elle ne change pas immédiatement de cap », a mis en garde Donald Trump. « Ici, dans l’hémisphère occidental, nous sommes déterminés à maintenir notre indépendance face à l’empiètement des puissances étrangères expansionnistes. »

Le ministre des Affaires étrangères allemand de l’époque, Heiko Maas, semble tomber de sa chaise et sourit auprès de ses collègues. On voit sur son visage tout le dédain qu’il porte à l’ancien président des États-Unis.

OTAN

En fait, ce n’était pas la première fois que Donald Trump s’en prenait à la politique énergétique de l’Allemagne, et plus spécifiquement à la construction du gazoduc Nord Stream 2.

Lors d’un sommet de l’OTAN, deux mois plus tôt, en juillet, le républicain n’avait pas mâché ses mots aux côtés du secrétaire général, Jens Stoltenberg.

« L’Allemagne conclut un accord massif sur le pétrole et le gaz avec la Russie, alors que nous sommes censés nous prémunir de la Russie… et l’Allemagne sort et paie des milliards et des milliards de dollars par an à la Russie. »

« Nous protégeons l’Allemagne, nous protégeons la France, nous protégeons tous ces pays. Et ensuite, nombre de ces pays concluent un accord de pipeline avec la Russie et versent des milliards de dollars dans les coffres de la Russie. »

« L’Allemagne aura près de 70 % du gaz naturel de son pays contrôlé par la Russie. Dites-moi, est-ce approprié ? », s’interrogeait le président américain.

« L’Allemagne est la proie de la Russie. Ils se sont débarrassés de leurs centrales à charbon, ils se sont débarrassés de leur nucléaire, ils dépendent tellement de la Russie pour leur pétrole et de leur gaz. Je pense que c’est quelque chose que l’OTAN doit examiner. C’est très inapproprié. »

Merkel & Cie

Il est bien sûr plus simple de refaire l’histoire après coup. Mais le bilan et la réputation de l’ancienne chancelière allemande, Angela Merkel, jusque-là exemplaire, ont été sérieusement revus à la baisse.

L’Allemagne, mais aussi d’autres pays, ont opté pour le dialogue avec Moscou et l’interdépendance de leur économie respective. Un choix qui s’est avéré peu payant pour contrôler Poutine et la politique expansionniste du Kremlin. On avait eu droit à un avertissement en 2014, avec la Crimée. On en a eu la preuve définitive lorsque la Russie a envahi l’Ukraine en février 2022.

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