Le Japon a cessé la tradition d’honorer ses nouveaux centenaires avec un cadeau… Ils sont tout simplement trop nombreux

Au Japon, chaque année, le jour des séniors, les nouveaux centenaires du pays reçoivent en cadeau un “sakazuki”, un vase d’argent d’une valeur de ¥ 8,000, ou 60 euros. Mais le gouvernement japonais a un problème: avec le vieillissement de la population et le nombre croissant de centenaires, il n’est plus possible de maintenir cette tradition dont le coût toujours plus important au fil des ans pèse sur le budget japonais déjà surchargé.

Selon le Time, en 2014, on dénombrait 29.357 centenaires au Japon, et on en recensera 38.000 en 2018, alors qu’on n’en comptait que 153 en 1963, lorsque ce programme de cadeau a débuté. En 2014, l’augmentation du coût liée à l’augmentation des effectifs des bénéficiaires s’est montée à près de 2 millions d’euros.

La longévité exceptionnelle des Japonais est devenu une bombe à retardement démographique. Le Japon est l’un des rares pays où l’on vend plus de couches pour les aînés que pour les bébés et où les anciens commettent plus de vols à l’étalage que les jeunes.

Le Japon refuse les immigrants. Malgré la pression croissante des organisations officielles pour stimuler la démographie en permettant l’entrée de personnes d’autres pays, l’actuel gouvernement du Premier ministre Abe préfère mettre l’accent sur la cohésion sociale. L’opinion publique reste opposée à l’immigration, parce qu’elle est convaincue que l’harmonie du pays est construite sur «une nation, une civilisation, une langue, une race», comme l’actuel ministre des Finances, Taro Aso, l’avait formulé directement il y a quelques années.

Le pays a donc un total de plus de 127 millions d’habitants, dont 32 millions de plus de 65 ans. La population du Japon a commencé à baisser en 2010 et on s’attend à ce qu’elle se réduise à 86,7 millions d’ici 2060. A ce moment-là, 40% de la population sera âgée de plus de 65 ans.

Le nombre de naissances est si faible et l’espérance de vie est si élevée que le pays “évolue vers un type de société que l’on ne voit que dans les films de science-fiction”, a conclu Nick Eberstadt, un démographe qui étudie la baisse du taux de la fécondité. Il affirme que nulle part ailleurs, la situation démographique n’est aussi alarmante qu’au Japon.

Eberstadt prévoit que le Japon – où en moyenne, une femme ne met que 1,3 enfant au monde alors que l’espérance de vie ne cesse d’augmenter – “comptera vers 2040 un centenaire pour chaque nouveau-né”. La population japonaise aurait à ce moment-là déjà baissé de 20%, avec toutes les conséquences économiques et sociales auxquelles on peut s’attendre.