Le confinement va-t-il permettre l’égalité homme/femme dans la garde des enfants?

(Isopix)

Le confinement force les pères et les mères à se retrouver toute la journée avec leurs enfants. La charge parentale, socialement attribuée aux femmes, pourrait connaitre une révolution.

Cela fait maintenant plus de deux semaines que nous sommes confinés. Les enfants ne vont plus à l’école. Les parents doivent donc s’en occuper 24h sur 24, 7 jours sur 7. Et pour la plupart d’entre eux, il faut aussi les aider pour leurs travaux scolaires.

La garde des enfants est une tâche socialement attribuée aux femmes. Selon un rapport de l’EIGE, 43,1% des femmes passent plus de temps que les hommes à s’occuper quotidiennement des enfants.

Cependant, avec le confinement, la plupart des travailleurs sont obligés de rester avec leurs enfants. Les défenseurs de l’égalité homme/femme espèrent que cela va pousser à une meilleure répartition des charges parentales.

Un effet positif à long terme

Quatre économistes se sont penchés sur cette question. Il est impossible à l’heure actuelle de mesurer les changements. Mais ils ont fait deux grandes hypothèses en se basant sur des statistiques sociologiques et sur la place de la femme sur le marché du travail.

Ils pensent qu’à court terme, la charge parentale des femmes devrait s’alourdir. Mais avec le temps, les hommes devraient prendre progressivement leur responsabilité dans l’éducation des enfants.

Perte d’emplois

La crise économique créée par le coronavirus va principalement toucher les métiers dans les secteurs de l’horeca et du commerce. Un secteur dans lequel de nombreuses femmes travaillent. Elles seront certainement les premières à être mise au chômage technique. Le temps qu’elles auront gagné sera donc consacré désormais à occuper les enfants pendant que l’homme travaille.

Même dans les ménages où les deux parents peuvent travailler à la maison, c’est la femme qui aura plus tendance à prendre des congés ou un temps de travail partiel pour s’occuper des enfants. Déjà en temps normal en Belgique, deux tiers des congés parentaux sont pris par des femmes.

Les femmes au front

Cette crise demande cependant aussi beaucoup de ressources dans les soins de santé et dans les supermarchés. Et ce sont aussi principalement les femmes qui travaillent dans ces deux secteurs. Les travailleurs de ces métiers considérés comme essentiels doivent se rendre sur leur lieu de travail, laissant ainsi l’autre parent seul avec les enfants. Des pères doivent du jour au lendemain prendre en main toute la charge parentale.

‘Il est très probable que nous observerons un impact considérable de cette expérience forcée sur les normes sociales et, en fin de compte, sur l’égalité des sexes, dans un avenir proche’, expliquent les auteurs de l’étude.

Les pères pourraient donc prendre la bonne habitude de s’occuper plus longtemps de leurs enfants et la garderaient même après le confinement. De plus, avec une généralisation dans les entreprises de la possibilité de faire du home-working, cette bonne habitude pourra être maintenant à plus long terme. Avec le temps, les mentalités changeraient doucement sur la place du père dans un ménage. Il deviendra alors de plus en plus normal que les hommes prennent autant de temps que les femmes à s’occuper des enfants.

Selon les 4 économistes de l’université Northwestern de Chicago, la crise du coronavirus pourrait avoir un impact majeur sur l’égalité homme/femme à l’avenir, tout comme l’a été la Deuxième Guerre mondiale.

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