Le champagne est devenu has been et ça fait mal aux producteurs

Le champagne perd de sa popularité dans son fief. – EPA/GIANCARLO CATTANEO.

Les choses ne vont pas bien pour les producteurs de champagne. La demande intérieure de champagne continue de baisser, après que les droits d’importation annoncés par les États-Unis et l’approche du Brexit jouent des tours aux bulles françaises.

Si des marques mondialement reconnues comme Dom Perignon de Moët & Chandon ou encore Perrier-Jouet de Pernod Ricard ont pu augmenter leurs exportations, le marché intérieur reste crucial. L’année dernière, les Français ont ainsi acheté pas moins de 147 millions de bouteilles de champagne. C’est trois fois plus que les États-Unis et le Royaume-Uni réunis.

Mais cette demande intérieure est en baisse depuis une décennie. En 2018, les ventes ont diminué de 6,5 millions de bouteilles. Une spirale de champagne infernale qui semble se poursuivre cette année.

Des alternatives moins chères

Il est même possible que la baisse soit encore plus forte en raison d’une nouvelle loi interdisant aux négociants de vendre du champagne à moins de 10 euros la bouteille. L’objectif est de maintenir les prix des producteurs de champagne au même niveau. Mais à cause de cette loi, les commerçants n’ont pas pu profiter des promotions à l’occasion des fêtes, et ça s’est fait sentir. Selon le bureau d’études Nielsen, les ventes de champagne ont chuté de 34 % lors des salons du vin en automne.

Une autre tendance se dessine depuis des années. De plus en plus de Français se tournent vers des alternatives moins chères. Les ventes de cava espagnol et de prosecco italien dans les supermarchés français ont augmenté de 58 % l’an dernier, selon l’agence d’études de marché Symphony IRI.

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Exportations incertaines

Les exportations continueront à augmenter pour le moment, mais pour combien de temps encore? Le plus grand marché étranger pour le champagne est le Royaume-Uni. On ignore cependant si ce sera encore le cas après le Brexit. Et dans le cas d’un hard Brexit – sans accord commercial avec l’UE – les prix pourraient augmenter sérieusement en raison des droits d’importation.

Il en va de même pour les États-Unis, deuxième marché étranger pour les vins issus de la région de Champagne. En représailles à la taxe Google introduite en France, le président américain Donald Trump a menacé d’imposer une taxe de 100 % sur le champagne. Qui doublerait le prix des bouteilles.

Entre-temps, la crise a également des répercussions sur le marché boursier. Les parts des géants du champagne Laurent-Perrier, Lanson-BBC et Vranken-Pommery Monopole ont baissé l’année dernière de 7, 10 et 15 % respectivement.

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