“Le capital au XXIe siècle” de Piketti sujet d’un film

“Le capital au XXIe siècle”, le livre best-seller international de l’économiste français Thomas Piketty va servir de base au tournage d’un film, rapportent des médias français.

Cela devrait arranger pas mal de pseudo-intellectuels qui prétendent l’avoir lu… alors qu’ils ne se sont guère aventuré au delà des 25 premières pages. Grâce la fonctionnalité des passages surlignés, qui met en relief les 5 passages jugés les plus saillants par ses lecteurs, la liseuse électronique d’Amazon, le Kindle, nous offre un aperçu de ce phénomène du livre jamais achevé. Lorsque la plupart des extraits mis en exergue se trouvent au début de l’ouvrage, on peut supposer que la majorité des lecteurs n’est pas allée jusqu’à la fin du livre. Et c’est ce pavé de 900 pages – qui traite des inégalités du système économique – qui est en tête du classement des livres que l’on n’achève jamais.

Un film de 2 heures maximum permettra donc à ceux qui arborent le livre sur une étagère de leur bibliothèque sans l’avoir lu de sauver les apparences.

Piketty, qui est désormais conseiller pour le parti d’extrême gauche espagnol Podemos, explique dans son livre pourquoi les riches deviennent toujours plus riches.

Résumé du livre

Si vous ne l’avez pas lu et que vous voulez briller lors de votre prochaine soirée, nous vous proposons ce bref résumé :

La thèse centrale du livre de Piketti se fonde sur une “loi fondamentale du capitalisme” qui veut que depuis le début du capitalisme libéral, le rendement du capital a toujours été supérieur à la croissance économique. En conséquence, les propriétaires du capital (notamment les héritiers de gros patrimoines) s’enrichissent plus vite que ceux qui doivent constituer leur patrimoine à la sueur de leur front, et qui dépendent des revenus de leur travail. En effet, les salaires (revenus du travail) augmentent seulement avec la croissance économique. Les personnes qui tirent leurs revenus du capital (dividendes, rentes, plus-values financières ou immobilières, etc) peuvent donc développer leur patrimoine bien plus rapidement que les salariés. Les impôts corrigent ce phénomène, mais pas en cas de croissance molle. Or, Piketti prédit qu’une faible croissance d’environ 1 % sera la norme de ce siècle, en raison du déclin démographique des pays occidentaux, et de la délocalisation d’une partie de la production dans les pays émergents. D’un autre côté, les rentes sur le capital devraient atteindre 4 % en raison notamment d’une fiscalité plus favorable. En outre, les personnes fortunées bénéficient de meilleurs conseils financiers, ont accès à des produits financiers plus rentables, elles peuvent prendre plus de risques, ce qui signifie que leurs placements sont bien plus rentables que ceux des personnes plus modestes qui ne disposent que d’un faible capital.

Conclusion

Piketty conclut que le capitalisme n’est pas un système dans lequel tout le monde a sa chance, mais un système dans lequel toute la richesse est concentrée dans les mains des héritiers d’une petite aristocratie financière.

Pour Piketti, la solution consiste à augmenter la fiscalité des grandes fortunes en leur imposant une taxe de 15% afin de compenser ces inégalités, et une taxation confiscatoire (80 %) des salaires de plus de 500 000 dollars. Pour que ces mesures fonctionnent, il faut une transparence totale sur toutes les transactions bancaires. Enfin, il est également nécessaire de relancer l’inflation pour réduire le rendement du capital.

(Graphique ci-dessus : comparaison des taux de croissance de l’économie et des taux de rendement annuels – en rouge, le rendement du capital ; en vert, la croissance de l’économie mondiale)

Capital in 21st Century

© De Correspondent

Et pour ceux qui sont intéressés par la lecture de cet ouvrage, c’est ici.