Le café deviendra un produit de luxe d’ici 2050

Selon un scénario de changement climatique modéré, le monde pourrait perdre la moitié de ses meilleures terres utilisées pour la culture du café d’ici 2050. Le Brésil, actuellement premier producteur mondial de café, verra sa zone la plus propice à la culture du café se réduire de 79 %. C’est ce que révèle une nouvelle étude menée par des scientifiques suisses, qui ont examiné les effets possibles du changement climatique sur le café, les noix de cajou et les avocats.

Le café, les noix de cajou et les avocats sont les trois principales cultures commercialisées au niveau mondial, produites principalement par des petits exploitants dans les régions tropicales. Le café est de loin le plus important avec un chiffre d’affaires attendu de 415 milliards d’euros en 2022. Pour l’avocat et la noix de cajou ce sera respectivement 11,6 milliards et 5,4 milliards d’euros. Alors que le café sert principalement de boisson stimulante, les avocats et les noix de cajou sont des aliments largement consommés, riches en huiles végétales mono-insaturées et autres nutriments bénéfiques.

Le principal message de cette nouvelle étude est que le changement climatique tel que nous le prévoyons est susceptible d’entraîner une diminution significative de la superficie des terres adaptées à la culture de ces plantes dans certaines des principales régions où elles sont actuellement cultivées.

Tempéré contre tropique

Jusqu’à présent, la plupart des recherches sur les futurs impacts du changement climatique sur l’alimentation se sont concentrées sur les principales cultures de base telles que le blé, le maïs, les pommes de terre et les oléagineux cultivés dans les régions tempérées. Cela reflète la tendance des climatologues à se concentrer sur les effets potentiellement graves du changement climatique sur les écosystèmes tempérés, notamment en raison de l’évolution des températures et des précipitations. Les écosystèmes tropicaux, qui représentent environ 40 % de la surface terrestre de la planète et font vivre plus de 3 milliards de personnes, et probablement 4 milliards d’ici à 2050, ont fait l’objet de moins d’attention.

L’une des principales innovations de cette étude consiste à examiner les paramètres de la terre et du sol parallèlement aux facteurs purement climatiques tels que la température et les précipitations. Cela permet aux scientifiques de fournir une image plus nuancée des impacts futurs qui pourraient modifier de manière significative l’aptitude de certaines régions tropicales à soutenir la culture de certaines plantes, en raison de changements dans des facteurs tels que le pH ou la texture du sol, par exemple.

Plus rare = plus cher

Il est important de noter que les effets ne sont pas uniformément répartis et que certaines régions peuvent même bénéficier du changement climatique. Par exemple, certaines parties de la Chine, de l’Argentine et des États-Unis sont susceptibles de devenir plus propices à la culture du café, tandis que le Brésil et la Colombie ne le seront plus.

Nous devrons donc nous adapter aux changements en cours dans les tropiques, par exemple en déplaçant la culture de certaines plantes vers d’autres régions où les effets du climat seront plus favorables. Toutefois, il semble probable que, quelles que soient les mesures d’atténuation prises, de nombreuses cultures tropicales deviendront plus rares et donc plus chères à l’avenir. Le café peut même passer du statut de boisson bon marché de tous les jours à celui de friandise prisée à déguster lors d’occasions spéciales, comme un vin précieux.

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