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L’audition GAFA a été un énorme cirque

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30/07/2020 | Baptiste Lambert | 9 min de lecture

EPA-EFE/MANDEL NGAN / POOL

Ce qui a été qualifié de ‘Procès des Big Tech’ tenait plus de l’audience à sens unique. Les CEO de Google, Amazon, Facebook et Apple devaient venir s’expliquer devant les membres du comité antitrust du Congrès. On n’était pas loin de la mascarade.

5 minutes par membre du comité, 4 minutes de questions, quelques secondes pour répondre. Les GAFA sont accusés de concurrence déloyale, de monopole et de mettre en danger la démocratie. Mais le format de cette audition a rendu le tout très brouillon, chaque député donnant l’impression d’accaparer ses 5 minutes de gloire devant quatre des plus puissants CEO de la planète.

CEOs of Facebook, Amazon, Google and Apple face Congress in antitrust hearing

Amazon's Jeff Bezos, Facebook's Mark Zuckerberg, Google's Sundar Pichai and Apple's Tim Cook appear before the House Judiciary Committee’s antitrust panel.Continues here: https://www.facebook.com/watch/live/?v=1365764586967068&ref=watch_permalink

Geplaatst door Reuters op Woensdag 29 juli 2020

Certaines interventions étaient néanmoins intéressantes, mais le peu de temps laisser aux réponses n’a pas permis d’aller au fond des choses. Bezos, Pichai, Cook et Zuckerberg ont systématiquement été coupés au bout de quelques secondes d’intervention, nous privant d’éléments qui auraient pu déboucher sur un début d’information.

D’autres interventions étaient complètement à côté de la plaque, plusieurs députés républicains s’inquiétant davantage de savoir si les quatre géants interféraient dans la campagne de Donald Trump, ce qui n’était pas l’objet de cette audition, du moins pas directement. Jim Jordan a notamment qualifié les Big Tech d’être anti-conservateur. Ce qui a valu un échange houleux, une députée démocrate accusant son homologue de propager des théories du complot.

Les quatre CEO ont commencé l’audition par un long plaidoyer de leurs produits, les meilleurs du marché selon eux, et au service de l’Amérique. Le message était le suivant: vous n’allez tout de même pas tirer une balle dans le pied d’entreprises si patriotiques qui dominent la concurrence mondiale.

Facebook

Justement, Mark Zuckerberg s’est vu reprocher d’engloutir ses concurrents pour éviter toute compétition, les noms les plus connus étant bien sûr Instagram ou WhatsApp, désormais deux mastodontes de l’empire Facebook. Cette concurrence déloyale empêche des plus petits acteurs d’émerger, reprochent les députés. Le patron de Facebook a estimé que la réussite d’Instagram était ‘loin d’être évidente’ au moment de son rachat. ‘Nous avons investi massivement dans la construction de l’infrastructure et dans sa promotion, et en travaillant sur la sécurité de l’application’.

Sur les fake news qui circulent sur Facebook, ainsi que les messages de haine, Zuckerberg a répondu que son entreprise avait là aussi énormément investi dans cette lutte, notamment au niveau d’une IA ‘extrêmement sophistiquée’.

Un député républicain a alors demandé pourquoi le compte de Donald J. Trump Jr avait été suspendu pour avoir publié une vidéo sur les masques et l’hydroxychloroquine. Pas de bol, cet incident s’est passé sur… Twitter, a rétorqué Zuckerberg. Ça vous donne une idée de la qualité de certaines interventions.

Amazon

Les questions ont essentiellement concerné les produits d’entreprises tiers. La plateforme de vente en ligne est un passage obligé pour de nombreux détaillants. Le problème, c’est que c’est Amazon qui fixe les règles, à prendre ou à laisser. De plus, Amazon chipe les données pour proposer à son tour des produits semblables, mais beaucoup moins chers.

L’essentiel des réponses de Jeff Bezos a été du style: ‘Je ne me rappelle pas de ça, mais merci pour votre question, j’en prends note.’ Pour lui, ‘c’est le consommateur qui prend les décisions’.

Quand un député a comparé Amazon un marchand d’héroïne, Bezos a montré une vive opposition: ‘Avec tout le respect que je vous dois, je nie fermement cette affirmation. Dans l’ensemble, les vendeurs tiers se débrouillent extrêmement bien sur Amazon.’

Jeff Bezos (Amazon), Mark Zuckerberg (Facebook), Sundar Pichai (Google) et Tim Cook (Apple) jurent de dire toute la vérité EPA-EFE/MANDEL NGAN / POOL

Google

Google a été particulièrement épinglé pour le contenu mis en avant sur son moteur de recherche. Mais Sundar Pichai a systématiquement répondu à côté, quand on lui laissait du temps de parole, usant un ton très diplomatique et très prudent.

La méthode était claire: éviter de prononcer la moindre chose qui pourrait se retourner contre lui. Un exemple ? Par rapport à sa maîtrise des données qui permet à Google d’écraser la concurrence: ‘Membre du Congrès, tout comme les autres entreprises, nous essayons de comprendre les tendances à partir des données que nous pouvons voir, et nous les utilisons pour améliorer nos produits pour les utilisateurs.’

Voilà le genre de réponse que l’on a entendu indéfiniment durant plusieurs heures: ‘Notre but est d’offrir le meilleur service à nos utilisateurs.’

Apple

Des quatre CEO, Tim Cook a été le plus tranquille. Le patron d’Apple a dû rester plusieurs heures sur sa chaise sans bouger, se contentant d’écouter les réponses de ses homologues.

Les questions ont concerné essentiellement l’Apple Store qui privilégierait les produits Apple, tout en prélevant une taxe de 30% sur les produits concurrents qui veulent faire partie de l’AppStore de la marque à la Pomme. Tim Cook a simplement défendu sa politique. Apple fixe les règles. Si des développeurs d’application ne sont pas contents, qu’ils aillent voir ailleurs.

Conclusion

5 heures et demie plus tard, le président du Comité, le démocrate David Cicilline, clôturait la séance. Sa conclusion était exactement la même que son introduction: ‘Cette audition m’a montré un fait clair: ces entreprises telles qu’elles existent aujourd’hui ont un pouvoir de monopole. Certaines pratiques doivent être démantelées, toutes doivent être correctement réglementées et ces entreprises doivent être tenues pour responsables’. Les réponses des quatre CEO n’auront que très peu modifié ce constat.

Les bonnes interventions, à l’image de Pramila Jayapal, étaient trop rares. La plupart des interventions républicaines étaient complètement à côté de la plaque. Enfin, certains députés ont montré qu’ils n’y connaissaient rien à internet et au mode de fonctionnement des Big Tech.

Le Comité doit maintenant faire un rapport. De ce dernier pourraient découler de nouvelles lois plus contraignantes. C’est bien la seule lueur d’espoir pour qui veut briser les situations de monopole.

Source: BusinessAM


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