L’anthrax, la grippe, E. coli… Rien ne résiste à ce nouveau désinfectant à base de sciure

On en fait un grand usage depuis deux ans à cause du coronavirus, mais les produits désinfectants usuels restent très toxiques pour l’environnement, voire pour l’être humain qui en aurait ingéré malencontreusement. Mais une nouvelle étude pointe l’effet nettoyant d’une solution à base d’un ingrédient 100% naturel : la sciure de bois, qui contient des antimicrobiens aussi naturels qu’efficaces.

Au tout début de la pandémie de coronavirus, dans la panique, on a vu les gens se ruer vers tout ce qui pouvait constituer une barrière contre ce satané virus. Gants et masques, parfois artisanaux, bien sûr mais, outre les protections physiques, nous avons vu arriver dans notre vie quotidienne de nombreux remparts chimiques, des différents gels hydroalcooliques à la fameuse et très toxique eau de javel. Celle-ci est l’un des composés les plus dangereux en termes d’effets sur l’environnement. Sans une gestion rigoureuse, elle peut anéantir des populations entières de vie aquatique. D’autres désinfectants reposent sur l’alcool isopropylique, qui n’est produit que dans une poignée d’endroits et dont l’empreinte carbone est très importante rappelle Iflscience.com.

Les phénols, champions antimicrobiens

Face à ces défauts rédhibitoires, certains chercheurs réfléchissent à l’usage de la famille chimique des phénols pour servir de désinfectant usuel. Mais ceux-ci sont plutôt chers à produire, jusqu’à ce que se présente un ingrédient miracle dont on peut les extraire : la sciure de bois.

« La biomasse est largement disponible et renouvelable, et présente des structures multi-antibactériennes typiques, telles que des phénols et des cétones », souligne une nouvelle étude publiée sur PNAS. « un désinfectant renouvelable a été développé à partir de la biomasse et son efficacité contre les micro-organismes hautement pathogènes a été examinée. L’étude démontre que l’utilisation efficace de la biomasse a le potentiel de soutenir la biosécurité des environnements humains avec une plus grande durabilité. »

La mort à bas prix du staphylocoque

En fait, les chercheurs ont remarqué que les structures phénoliques si chères à produire en laboratoire existent déjà dans la nature et plus précisément, dans les molécules des parois cellulaires des plantes. En mélangeant de la sciure de bois avec de l’eau sous haute pression, l’équipe a créé un liquide qu’elle a testé contre des virus, notamment E. coli, Staphylococcus epidermis, anthrax et la grippe A – des fléaux plus ou moins virulents, et qui ont tous succombé au mélange de sciure de bois. Or, c’est bon signe, car ces virus dangereux servent souvent de témoins de l’efficacité d’un désinfectant.

Un produit miracle, donc ? Il y a un peu de ça : il est totalement non-toxique, tant pour l’être humain que pour les animaux, et son prix de production se monte à seulement 5 centimes de dollars par kilogramme, ce qui est deux cents fois moins cher que certains des désinfectants pour les mains les plus économiques. Et comme l’équipe a découvert que de nombreux types différents de sciure de bois peuvent être utilisés pour créer le liquide, elle estime une capacité de production massive de 113,02 millions de tonnes, ce qui, soulignent-ils, est « avantageux pour la production à grande échelle, en raison de l’abondance et du faible coût des matériaux renouvelables par rapport à ceux des désinfectants commerciaux actuellement disponibles. »

Si on n’en est pas encore à la commercialiser à grande échelle, cette découverte pourrait permettre à la fois de maintenir notre environnement sûr dans un monde où les virus et autres microbes restent des Némésis potentielles, tout en épargnant à la fois la nature et notre portefeuille. Une idée qu’il serait délétère de ne pas creuser.

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