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L’Amérique latine est le nouvel épicentre de la pandémie, et la faim y fait partie des symptômes

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Crise du coronavirus

28/05/2020 | Willem De Maeseneer | 4 min de lecture

Un homme utilise des sachets en plastique comme gants improvisés pour recevoir un bol de soupe gratuit. (AP Photo/Rodrigo Abd)

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Amérique latine est le nouvel épicentre de la pandémie de coronavirus: elle a dépassé l’Europe et les États-Unis en termes d’infections quotidiennes. La région a signalé ‘seulement’ 33.000 décès dus au Covid-19, mais sa faible capacité de test et des rapports évoquant des fosses communes suggèrent que ce chiffre est très largement sous-estimé. Et désormais, le virus y engendre même des famines.

En Argentine, un ‘cordon sanitaire’ a été installé lundi autour d’un bidonville de 5.000 habitants dans lequel le virus fait rage, avec des clôtures et des gardes militaires qui ne laissent personne entrer ou sortir.

Au Brésil, le taux de mortalité est devenu, depuis le début de la semaine, le plus élevé au monde. Selon des projections de l’Université de Washington, le nombre de morts pourrait y atteindre les 125.000 d’ici le mois d’août.

Fosses communes

À l’heure actuelle, 25.000 Brésiliens ont déjà été victimes du virus et 410.000 cas ont été confirmés. Mais le président Jair Bolsonaro ne prend absolument pas au sérieux l’épidémie en cours et il ne se soucie guère des mesures de confinement ou de distanciation sociale. L’économie continue à tourner et c’est tout ce qui lui importe.

Cette réponse brésilienne désastreuse face à l’urgence sanitaire a entraîné des retards dans la mise en place de tests de dépistage ou dans la fourniture d’équipements médicaux. Elle a également entraîné le désintérêt de la population envers les mesures anti-coronavirus mises en place par les gouvernements locaux. À Manaus, une ville au cœur de la forêt amazonienne, on ne trouve plus de cercueil depuis le mois d’avril. On y enterre les victimes du Covid-19 dans des fosses communes.

Mais outre l’Argentine et le Brésil, l’OMS redoute aussi une propagation rapide du nouveau coronavirus au Pérou, au Chili, au Salvador, au Guatemala et au Nicaragua.

Une pandémie de faim

Par ailleurs, une véritable crise alimentaire est désormais en cours en Amérique latine suite à l’apparition du virus. Le Programme alimentaire mondial des Nations unies prévient qu’au moins 14 millions de personnes vont souffrir de la faim à cause du nouveau coronavirus.

En 2019, 3,4 millions de personnes en Amérique latine étaient confrontées à l’insécurité alimentaire (qui est définie par le fait de ne pas savoir d’où proviendra le prochain repas). Ce nombre pourrait être quatre fois plus élevé cette année en raison du coronavirus.

À cause du virus, de nombreuses personnes ont perdu leur emploi. En en raison des bas salaires et de l’absence de filets de sécurité sociale dans la plupart des pays d’Amérique latine, de nombreuses personnes ne sont désormais plus en mesure de satisfaire leurs besoins fondamentaux. Le fait que la population commence à réellement souffrir de la faim devient dramatiquement évident: en de nombreux endroits, les gens enfreignent les règles de confinement pour tenter de trouver de l’argent ou de quoi se nourrir à l’extérieur. D’autres encore accrochent un drapeau blanc ou rouge à leur fenêtre, signe qu’ils ont besoin de nourriture.

Source: Reuters


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