La tendance #MeToo met le feu à Uber en France

Après plusieurs polémiques en France, Uber ne voit pas encore le bout du tunnel concernant les accusations d’agressions sexuelles de la part de ses chauffeurs.

Il y a des étincelles qui ne prennent pas, et d’autres qui se transforment en brasier destructeur. Le mouvement #MeToo est de ceux-là, et il n’est pas près de s’éteindre vu la quantité de combustible disponible. Aujourd’hui, c’est au tour d’Uber d’en faire les frais.

Ces dernières semaines, la société américaine doit essuyer des polémiques brûlantes, notamment celle de témoignages d’agressions sexuelles supprimés en France. Après un appel au boycott et un scandale grandissant, Uber a décidé de prendre le taureau par les cornes en publiant lui-même le nombre d’agressions sexuelles liées à sa plateforme… aux États-Unis. En France, les chiffres restent secrets, mais le hashtag #UberCestOver poursuit son appel sur Instagram.

Interpellé par Marlène Schiappa

Le retour de flamme est brutal pour la société, qui doit désormais répondre de ses actes dans l’Hexagone. La secrétaire d’État française à l’Égalité, Marlène Schiappa, a ainsi convoqué les administrateurs français d’Uber à une réunion le 12 décembre, peut-on apprendre via Politico.

‘La sécurité des transports est une condition sine qua non de la liberté des femmes d’aller et venir de manière autonome’, a-t-elle déclaré ce lundi. ‘J’ai demandé [à Uber] de respecter ses engagements pour assurer la sécurité et la sûreté de toutes les utilisatrices d’Uber et lutter contre l’impunité des auteurs d’agressions sexuelles.’ Une déclaration qui fait écho aux témoignages de deux clientes qui se sont récemment rendues compte d’avoir été violées par le même chauffeur.

Face à cette invraisemblable impunité, le patron d’Uber France himself a dû prendre des mesures. ‘Suite à des rapports d’agressions sexuelles inacceptables, la confiance de nos utilisateurs s’est érodée. Nous sommes déterminés à la reconquérir en prenant des mesures de prévention et de lutte contre les violences sexuelles et de soutien aux victimes’, a affirmé Steve Salom à l’issue de la rencontre avec Schiappa.

Quelles mesures?

Dès lundi prochain, Uber mettra ainsi en place un système d’identification des chauffeurs en temps réel pour lutter contre les ‘faux conducteurs’ en France. Que les clientes belges se rassurent (ou pas…) la société prévoit de déployer cette fonctionnalité dans le reste de l’Europe. La date reste encore inconnue.

Uber a également annoncé qu’il suspendrait non seulement les comptes des conducteurs accusés de violences sexuelles (il était temps), mais qu’il financerait aussi l’aide psychologique et juridique aux victimes, qu’il mettrait en place un système d’échange d’informations avec la police et qu’il contacterait celle-ci de manière proactive. Beaucoup de promesses pour retrouver une réputation bien écorchée.

À partir de 2020, Uber s’est également engagé à rappeler en moins de trois minutes toute victime qui signale une agression via son application. Ce point avait notamment été décrié par de (très) nombreuses victimes sur le net, affirmant n’avoir jamais reçu aucun retour de plainte. Uber devra désormais joindre l’acte à la parole s’il ne veut pas se faire tirer les oreilles par Schiappa qui convoquera les plateformes de covoiturage au premier trimestre de 2020 pour une séance de rétroaction.

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