Uber: 6.000 agressions sexuelles en deux ans, rien qu’aux USA

Uber a révélé que plus de 3.000 agressions sexuelles ont eu lieu sur son service aux États-Unis en 2018, et près de 6.000 en deux ans.
Isopix

Uber a révélé que plus de 3.000 agressions sexuelles ont eu lieu sur son service aux États-Unis en 2018, et près de 6.000 en deux ans.

Les choses ne vont pas en s’arrangeant pour Uber, mais cette fois-ci, c’est la firme elle-même qui a pris la décision de jouer cartes sur table. Dans un rapport complet sur la sécurité qu’elle publie ce jeudi, la société indique que plus de 3.000 cas d’agressions sexuelles ont eu lieu lors de courses Uber, rien qu’en 2018, rien qu’aux États-Unis. Et qu’il y en a eu près de 6.000 en deux ans.

Ces chiffres ne couvrent que les agressions qui ont fait l’objet d’une dénonciation sur le territoire américain. Et ils vont en s’aggravant: 2.936 en 2017, pour 3.045 en 2018. On n’a pas vraiment hâte de connaître les chiffres pour 2019.

Dans un tableau publié dans ce rapport, on voit pourtant que la société a enregistré une baisse de 16 % du taux d’incidents, malgré l’augmentation des chiffres bruts. La firme explique cette baisse par l’attention particulière qu’elle a apportée à la sécurité ces derniers temps, après de nombreuses polémiques.

© Uber

235 cas de viols

Mais en 2018, pas moins de 235 cas de viols par des chauffeurs ont été rapportés à Uber. Une proportion effrayante de 17% des incidents enregistrés. La catégorie la plus représentée concerne les tentatives de viols, qui atteignent 26% des incidents.

Suivent ensuite les cas de ‘baisers non consentis sur une partie sexuelle du corps’ avec 22%. Après les viols avérés, les incidents les plus courants sont ensuite les ‘baisers non consentis d’une partie non sexuelle du corps’ (16 %) et les ‘attouchements non consentis sur une partie sexuelle du corps’ (12 %).

‘Une nouvelle approche’

Derrière ces chiffres terrifiants et accablants (rien que pour les États-Unis, on le répète), Uber tente de jouer la carte de l’honnêteté, après avoir été accusé de vouloir cacher les dénonciations des victimes. ‘Il n’est pas facile de publier volontairement un rapport qui traite de ces difficiles questions de sécurité’, a déclaré Tony West, chef du service juridique chez Uber. ‘La plupart des entreprises ne parlent pas de questions comme la violence sexuelle car cela risque de susciter des titres négatifs et des critiques publiques. Mais nous pensons qu’il est temps d’adopter une nouvelle approche.’

Les chauffeurs, principaux coupables

Pour être précis, Uber indique que les conducteurs comme les passagers utilisant le service sont à risque. Les passagers représentaient 45% des accusés dans les cinq catégories d’agressions sexuelles les plus graves reprises ci-dessus (certains passagers en agressant d’autres). Mais ce sont bien les chauffeurs qui sont le plus souvent les agresseurs. 92% des viols signalés auraient ainsi été commis par des conducteurs. On attend encore de voir comment la compagnie compte trouver une solution à ce fléau…