La Sûreté de l’État belge confirme : les smartphones chinois présentent « un risque d’espionnage »

Si ce n’est sans doute pas un avis émis depuis la petite Belgique qui fera vaciller les géants chinois des technologies, il n’empêche que le geste est représentatif de la méfiance croissante des Européens à l’égard des produits venus de l’Empire du Milieu. Non pas qu’ils fonctionnent mal ; au contraire, ils rempliraient des rôles pour lesquels on ne les a pas achetés.

La Sûreté de l’État met en garde les utilisateurs des smartphones de marques chinoises (Huawei, Xiaomi ou OnePlus) rapporte Le Soir, confirmant les inquiétudes d’un rapport lituanien de cybersécurité sorti l’été dernier.

Des engins qui nous censurent ?

« Les smartphones, toutes marques confondues, contiennent énormément d’informations personnelles sur l’utilisateur », a expliqué le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (VLD) en réponse à une question écrite du député Samuel Cogolati (Ecolo). « Vu le contexte juridique dans lequel les producteurs chinois de smartphones opèrent, il existe un risque que des données contenues dans ces smartphones soient exposées à de l’espionnage et au moins à un transfert indésirable vers l’autorité chinoise. » La législation chinoise en question oblige en effet toute entreprise à stocker ses données sur des serveurs chinois locaux et donne des pouvoirs étendus aux services de sécurité chinois pour consulter les systèmes informatiques des entreprises tant physiquement qu’à distance.

Vincent Van Quickenborne, ministre de tutelle de la Sûreté de l’État, a toutefois précisé que jusqu’ici, aucune preuve formelle d’espionnage par smartphone chinois interposé n’avait été identifiée.

Sanctions américaines

Il n’empêche que la technologie en question aurait fait frémir George Orwell : selon une enquête lituanienne, les engins fabriqués par Huawei et Xiaomi seraient dotés d’un véritable outil de censure à distance, capable de « bloquer » certains mots précis lors d’une recherche sur le Web effectuée par l’utilisateur. Et la liste des mots tabous pour la technologie chinoise comprend, sans surprise, tout ce qui a trait au Tibet, à Taïwan, et était régulièrement mise à jour depuis la Chine.

Des accusations d’espionnage qui ont d’ailleurs, entre autres prétextes, justifié plusieurs vagues de restrictions commerciales à l’égard des firmes chinoises, en particulier aux États-Unis.

Du côté de Xiaomi, on a démenti ces accusations dans un communiqué diffusé ce mardi : « Nous rejetons les accusations contenues dans ces rapports. Comme le disent eux-mêmes les services de sécurité belges et le ministre responsable – il n’existe aucune preuve à leur appui. Xiaomi a reçu une communication de l’Office fédéral allemand de la sécurité de l’information (BSI) le 13 janvier indiquant qu’il avait terminé son audit des produits smartphones Xiaomi. Le BSI a conclu qu’il n’a pu identifier aucune anomalie qui nécessiterait une enquête plus approfondie ou d’autres mesures. En particulier, la BSI n’a pu détecter aucun transfert de listes de filtres tel que décrit dans le rapport original (lituanien). »

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