La Russie va-t-elle expulser Exxon Mobil ? Poutine signe un décret pour reprendre un projet pétrolier et gazier capital

Vladimir Poutine a signé un décret visant à placer Sakhaline-1, un important projet pétrolier et gazier situé dans l’extrême-orient russe, entre les mains d’une entité nationale.

C’est ce qui ressort d’un document publié par la Russie vendredi. La nouvelle entité russe, Sakhalinmorneftegaz, reprendra tous les droits et responsabilités des investisseurs actuels. Elle gérera également le projet elle-même à partir de maintenant. Jusqu’en mars, c’était Exxon Neftegas, une filiale d’Exxon Mobil, qui s’en chargeait.

Cela pourrait bien signifier que le groupe énergétique américain, qui détient actuellement une participation de 30 % dans le projet, cessera bientôt toute activité dans le pays. Exxon et les autres investisseurs, le russe Rosneft PJSC, le japonais SODECO et l’indien ONGC, auront un mois après la création de Sakhalinmorneftegaz pour décider s’ils veulent rester actionnaires. Les entreprises qui choisissent de se retirer du projet vendront leurs parts à la Russie.

Guerre en Ukraine

Le décret a tout à voir avec la guerre en Ukraine. Selon la Russie, il a été signé pour introduire des « mesures économiques spéciales supplémentaires » « en rapport avec les actions inamicales de certains États étrangers et organisations internationales ».

Ce faisant, la Russie semble également pointer du doigt Exxon. En effet, la société a décidé en mars, une semaine après le début de l’invasion de l’Ukraine, de cesser toute activité dans le pays. En conséquence, le projet Sakhaline-1 est pratiquement à l’arrêt depuis le mois de mai, alors que le site produisait des centaines de milliers de barils de pétrole par jour.

Toutefois, la sortie complète d’Exxon a été bloquée par Poutine. En effet, au début du mois d’août, la société a déclaré vouloir transférer sa participation de 30 % à une tierce partie. Le lendemain, cependant, le dictateur russe a signé un décret empêchant les actionnaires étrangers de certains projets stratégiques, dont Sakhaline-1, de vendre leurs parts.

Le Japon pourrait rester partenaire

En juillet dernier, Poutine avait signé un décret similaire. Ensuite, le projet Sakhaline-2, qui représente 4 % du gaz naturel liquéfié mondial, a été repris par une entité publique russe. Le géant pétrolier Shell Plc, qui détient une participation de 27,5 % dans le projet, a alors déclaré, selon Bloomberg, qu’il était « tout à fait improbable » de demander une participation dans la nouvelle entité. Ses actionnaires japonais, Mitsubishi Corp. et Mitsui & Co. ont par contre décidé de le faire.

Aujourd’hui encore, il semble peu probable que l’actionnaire japonais se retire du projet. Dimanche, Yasutoshi Nishimura, ministre japonais de l’économie, du commerce et de l’industrie, a indiqué à l’avance à Reuters que le projet Sakhaline-1 était très important pour Tokyo.

MB

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