La Russie lance un nouveau brise-glace nucléaire: un avantage stratégique considérable

Atomflot, une filiale de l’entreprise publique russe Rosatom, a lancé un nouveau brise-glace nucléaire : le Sibir. Le navire viendra en appui à la flotte croissante de brise-glaces afin de maintenir la route maritime du Nord ouverte à la navigation arctique tout au long de l’année.

Pourquoi est-ce important ?

Pour les Russes, l'Arctique et l'océan Arctique revêtent une grande importance : c'est leur seule issue vers la mer, la clé de leur commerce maritime.

« Le Sibir rejoint les cinq autres brise-glace nucléaires de la flottille d’Atomflot, qui comprend également un pétrolier LASH à propulsion nucléaire », écrit le site World Nuclear News.

Projet 222220

Le Sibir est le premier brise-glace universel produit en série, du projet 22220. Le premier de cette classe, l’Arktika, étant entré en service il y a un an.

Comme l’Arktika, le Sibir est alimenté par deux réacteurs RITM-200 de 175 mégawatts (MW) chacun, qui produisent ensemble une puissance électrique de 60 MW pour entraîner les hélices. Cela se fait grâce à deux turbogénérateurs et trois moteurs. « Les réacteurs nucléaires utilisent de l’uranium faiblement enrichi. Il n’est pas utilisable dans les armes atomiques et comporte donc un faible risque de prolifération nucléaire », indique le site web Maritiem Nederland.

Le brise-glace mesure 173,3 mètres de long et 34 mètres de large et a un déplacement de 33.500 tonnes.

Deux autres brise-glace du projet 22220 sont en cours de construction au chantier naval de Saint-Pétersbourg. La livraison de l’Oural est prévue pour la seconde moitié de 2022, et celle du Tchoukotka pour la fin de 2024.

Arctique

La route maritime du Nord est très importante pour les Russes ; ils préféreraient qu’elle soit navigable en permanence. Après tout, cette route permet aux navires d’atteindre les ports asiatiques jusqu’à quinze jours plus vite qu’avec la route qui passe par le canal de Suez. « Nous sommes convaincus que l’exploitation efficace de ces navires deviendra un facteur déterminant pour le développement durable de la route », a déclaré Mustafa Kashka, PDG d’Atomflot.

Actuellement, l’océan Arctique ne peut être navigué qu’en été sans l’aide d’un brise-glace, via la route maritime du Nord. « Mais lorsque cela changera en raison du réchauffement climatique, cet itinéraire pourra devenir une alternative très intéressante au canal de Suez pour se rendre en Europe ».

La Russie est le seul pays au monde à posséder des brise-glace nucléaires. Ce qui lui donne un avantage stratégique dans un territoire qui regorge de matières premières pour le moment inaccessibles. Mais c’est en train de changer. « La zone arctique a un potentiel énorme. En terme de ressources, on parle de 15 milliards de tonnes de pétrole et cent mille milliards de m3 de gaz. Assez pour des dizaines voire des centaines d’années », soulignait en septembre le vice-Premier ministre et ministre de l’Energie, Alexandre Novak, cité par L’Express.

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