Principaux renseignements
- Le ministère russe des Finances va acheter des devises étrangères, principalement des yuans, pour son Fonds de richesse nationale afin de stabiliser le budget et de contrebalancer la vigueur du rouble.
- Cette décision annule la suspension décidée en février, provoquée par la baisse des prix du pétrole due aux sanctions.
- La récente guerre entre les États-Unis et l’Iran et la flambée des prix du pétrole qui s’en est suivie ont alimenté ce changement de politique.
Le ministère russe des Finances a annoncé son intention d’acheter des devises étrangères sur le marché pour la première fois depuis le début du conflit en Ukraine. Cette initiative intervient alors que la Russie tire d’importants bénéfices financiers de la hausse des prix du pétrole provoquée par la récente guerre entre les États-Unis et l’Iran. Du 8 mai au 4 juin, le ministère a l’intention d’acquérir 110,3 milliards de roubles (1,25 milliard d’euros) de devises étrangères, principalement des yuans chinois, pour le Fonds de richesse nationale. Ce fonds joue un rôle crucial dans la stabilisation du budget russe.
Prévenir le renforcement du rouble
Ces achats visent également à éviter un renforcement excessif du rouble. La banque centrale se chargera d’effectuer ces opérations. Compte tenu des opérations propres de la banque centrale, les achats nets de devises par l’État s’élèveront en moyenne à 1,18 milliard de roubles (13,5 millions d’euros) par jour, contre des ventes actuelles de 4,6 milliards de roubles (52 millions d’euros) par jour.
En vertu de la règle budgétaire russe, lorsque les prix du pétrole dépassent un seuil prédéterminé (actuellement 59 dollars le baril), le gouvernement utilise les recettes fiscales pour acquérir des devises étrangères pour le fonds souverain. À l’inverse, si les prix du pétrole tombent en dessous de ce seuil, le gouvernement vend des devises du fonds pour combler tout déficit budgétaire. Le ministère a suspendu les opérations du fonds en février en raison de la baisse des prix du pétrole russe résultant des remises liées aux sanctions. Cette décision visait à préserver le fonds de l’épuisement.
Impact de l’attaque américano-israélienne
Cependant, à la suite de l’attaque américano-israélienne contre l’Iran et de la fermeture consécutive du détroit d’Ormuz, qui a provoqué une flambée des prix du pétrole, de nombreux analystes ont remis en question la justification de la suspension de ces transactions, car celle-ci a contribué à une surévaluation du rouble. Le ministère a déclaré qu’il tiendrait compte des transactions reportées pour mars, mois au cours duquel des devises auraient dû être vendues, et pour avril, lors de la détermination des volumes d’achat pour mai. Ces ventes reportées de mars devraient atténuer l’impact des achats sur le marché.
Malgré une baisse de 21,2 pour cent en glissement annuel des recettes publiques russes issues du pétrole et du gaz en avril (pour s’établir à 855,6 milliards de roubles, soit 9,7 milliards d’euros), ces chiffres marquent une hausse par rapport aux recettes de 617 milliards de roubles (7 milliards d’euros) enregistrées en mars.
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

