« La Réserve fédérale pourrait faire éclater la bulle des marchés d’actions »

Le S&P500 et le Nasdaq ont terminé la journée de lundi à des niveaux records. À première vue, c’est une bonne nouvelle, mais l’investisseur de premier plan David Roche met en garde contre une bulle sur le point d’éclater.

Pourquoi est-ce important ?

La politique fédérale a un impact énorme sur l’épargne et les investissements, entre autres. En fonction de la politique de la banque centrale, il est intéressant d'investir (en actions) ou bien d'épargner. Ces dernières années, la politique monétaire a été accommodante, ce qui s'est notamment traduit par une baisse des taux d'épargne et un endettement moins coûteux. Par conséquent, les placements en actions sont actuellement très populaires. Mais un durcissement de cette politique pourrait bien être un coup dur pour les investisseurs.

Les valeurs technologiques étaient très recherchées ce lundi. Le S&P500 et le Nasdaq ont tous deux clôturé la journée boursière en bonne forme. Le S&P500 a progressé de 0,2%, à 4.290,61 points, et le Nasdaq de 1%,  à 14.500,51 points. Il s’agit d’un nouveau record pour les deux indices. Les investisseurs s’intéressent à nouveau aux valeurs technologiques suite aux inquiétudes croissantes suscitées par le variant Delta du coronavirus.

Resserrement de la politique des taux d’intérêt

Toute la question est de savoir combien de temps les valeurs technologiques resteront demandées cette fois-ci. Pour rappel, la Réserve fédérale américaine a annoncé le mois dernier qu’elle relèverait les taux d’intérêt pour la première fois en 2023. Une telle hausse est une mauvaise nouvelle pour les valeurs technologiques, car leurs prix sont basés sur les bénéfices futurs. Une hausse des taux d’intérêt grignote donc les bénéfices.

Selon David Roche, il s’agit d’une bulle. « Ces choses-là ont toujours une fin, et il est très difficile de dire quel sera le catalyseur qui y mettra fin. Il pourrait s’agir d’un autre variant du coronavirus, mais pour l’instant, je pense que c’est assez peu probable », a-t-il déclaré dans une interview accordée à CNBC.

« Le catalyseur le plus probable, je pense, est que la Fed soit obligée de cesser d’envoyer un double message et de commencer à parler très sérieusement du fait que l’ère de la stimulation monétaire supplémentaire et du financement du déficit est désormais révolue », a-t-il poursuivi.

Certains dirigeants n’excluent d’ailleurs pas la possibilité qu’un relèvement des taux intervienne plus tôt que prévu. Le mois dernier, l’un des hauts dirigeants de la Fed, James Bullard, a laissé entendre qu’une première hausse des taux d’intérêt pourrait intervenir dès 2022. De plus en plus de voix s’élèvent pour demander la réduction du programme d’achat d’obligations.

Économiser moins

David Roche ne s’attend pas à ce que la propagation du variant Delta incite les gens à mettre encore plus d’argent de côté, comme ce fut le cas lors des premières vagues de coronavirus. « Il est probable que la combinaison de l’épargne excédentaire, aussi bien dans le secteur immobilier qu’au niveau des entreprises, ajoutée au fait qu’il y aura davantage de mesures de relance (y compris le plan d’infrastructure du président Joe Biden, ndlr) dans le futur, permettra aux gens de rester raisonnablement optimistes quant à la croissance », a déclaré l’investisseur.

David Roche ne voit pas non plus dans l’immédiat une grande menace dans le variant Delta du coronavirus. « Le Royaume-Uni est, de tous les pays développés, celui qui a été le plus durement touché par le variant Delta. Dans d’autres pays (développés), ce variant est sous contrôle. Je ne vois donc pas de menace immédiate sur les habitudes de consommation des épargnants », conclut-il.

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