La “promesse rompue” de Gwendolyn Rutten : des tensions existent au sein même de l’Open VLD

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La sortie de Gwendolyn Rutten en faveur d’un gouvernement arc-en-ciel a fait grand bruit au nord du pays. Bart De Wever parle de trahison par rapport au gouvernement flamand, ce qui a des répercussions jusqu’au fédéral. L’Open VLD est toujours divisé sur la question, quoi que sa présidente en dise.

On assiste à une guerre ouverte entre les membres du gouvernement flamand. Déjà. En cause, une sortie de Bart Somers, vice-premier flamand et ensuite de Gwendolyn Rutten, présidente de l’Open VLD, qualifiée « d’attaque orchestrée » par Bart De Wever (N-VA).

Bart Somers remettait en cause la volonté de la N-VA d’entrer dans le gouvernement fédéral. Il l’accusait de jouer un jeu pour au final bloquer la maison Belgique.

Cette double sortie, reprise par toute la presse, poussait en faveur d’un rapprochement avec le parti de Paul Magnette (PS), informateur royal, en vue de former un gouvernement fédéral arc-en-ciel, composé des socialistes, des libéraux et des écologistes.

D’où vient cette tension?

La N-VA qualifie encore ce rapprochement de « cadeau » pour Paul Magnette (PS). La tension est extrême et le jeu de communication a débuté. Bart De Wever a fait référence à une promesse non tenue de la part de Gwendolyn Rutten: « C’est extraordinairement stupide de tirer dans le dos de quelqu’un comme ça ». La confiance entre les deux partenaires flamands est à son plus bas, alors qu’on est encore au tout début de la législature. Même le CD&V, toujours aussi peu chaud pour un arc-en-ciel, jette de l’huile sur le feu: « Peut-on vraiment faire confiance aux libéraux de toute façon’, entend-on en coulisses.

Plusieurs sources au sein de la N-VA et du CD&V nous rapportent « une promesse rompue ». Mais qu’elle était-elle? Le but était en fait de donner de la force au gouvernement flamand, en y envoyant les meilleurs éléments de chaque parti, histoire que la suédoise au nord du pays soit la plus solide possible. Ce n’est pas un hasard si des personnalités comme Wouter Beke et Hilde Crevits (CD&V) sont entrés dans le gouvernement flamand.

De larges portefeuilles ont également été attribués aux deux plus petits partis de la coalition en guise de remerciement pour leur participation. Notamment la mobilité pour l’Open VLD, une responsabilité qui aurait pu être un temps assurée par la présidente des libéraux flamands elle-même. « Nous avions un accord, nous précise une source de la N-VA, il a été rompu. »

Un agenda caché pour Rutten?

Même au sein de l’Open VLD les langues se délient: « Gwendolyn Rutten a débuté les négociations avec Bart De Wever et Hilde Crevits en mode ‘j’y vais à fond’, après s’être rétractée. Il ne faut donc pas s’étonner que cela fasse beaucoup de dégâts maintenant. »

Mais pourquoi Gwendolyn Rutten s’est-elle finalement rétractée? Pourquoi n’est-elle pas entrée dans le gouvernement flamand? Elle avait des envies différentes: « Elle a donné le signal qu’elle avait d’autres plans, que les priorités devaient être mises autre part », nous indique la N-VA.

Cet autre plan, c’est la fonction suprême de l’exécutif fédéral: devenir la première femme Première ministre de plein exercice. « Elle a causé pas mal de torts en laissant Wouter Beke y aller tout seul (au sein du gouvernement flamand) », nous rapporte une source du CD&V. Maintenant, l’Open VLD et la N-VA ne se parleraient presque plus, et le CD&V, sur qui la pression reposait, en profite pour tacler son partenaire.

L’ambition de Jan Jambon d’avoir « un gouvernement flamand fort », au moins en apparence, tombe à l’eau. Ce qui fait grincer des dents et donne pas mal de regrets à certains membres de la N-VA et du CD&V. Car pendant l’été, une coalition qui mêlait la N-VA, SP.A et le CD&V a un temps tourné. Elle aurait eu l’avantage de faciliter bien des choses au fédéral pour joindre les socialistes francophones à leur cause.