La Pologne se réjouit de sa robotisation

Des robots contrôlés à distance sont présenté à Salon international de la technologie et de l'équipement pour les services de police et de sécurité nationale, à Gdansk, en Pologne
EPA/Dominik Kulaszewicz POLAND OUT

La Pologne connaît une croissance dynamique, mais aussi une grave pénurie de main-d’oeuvre. Dans un pays où l’immigration reste un sujet tabou, il n’y a guère d’autres solutions que de faire appel à la robotisation.

Comme toute l’Europe centrale, la Pologne paie les conséquences de l’exode massif de sa population pour les pays d’Europe de l’Ouest, après l’entrée de leur nation dans l’Union européenne, au début du millénaire. Couplé au vieillissement de la population, il a fait chuter le chômage à des niveaux records, tout en créant une grave pénurie de main-d’oeuvre.

Un million d’Ukrainiens en Pologne, peut-être deux

Dans certains secteurs, comme celui de la construction, ces pénuries de main-d’oeuvre menacent même des petites entreprises de faillite.

Beaucoup font appel aux migrants, et en 2018, la Pologne a distribué 635.000 cartes de séjour, le plus grand nombre au sein de l’UE. Le plus souvent, elles ont été accordées à des Ukrainiens qui partagent la langue et la confession chrétienne avec les Polonais. On en compterait un million dans le pays, peut-être même deux, en prenant en compte ceux qui travaillent au noir.

Mais l’Allemagne voisine connaît elle aussi une grave pénurie de main-d’oeuvre, et les entreprises polonaises redoutent de les voir partir dans le pays voisin. Elles ont donc commencé à faire appel à des travailleurs asiatiques, indonésiens, par exemple. 

Mais dans un pays qui est l’un des plus homogènes d’Europe sur le plan ethnique, l’immigration n’est pas toujours bien vécue, surtout lorsqu’elle provient de pays musulmans. Les dirigeants du pays s’opposent à l’accueil de réfugiés, et la migration non européenne devrait demeurer marginale.

La robotisation est une solution idéale

Dans ce contexte, la robotisation apparaît comme une solution idéale. La Pologne est actuellement en retard dans ce domaine. L’Institut économique polonais (PIE), un groupe de réflexion étatique, a recensé 42 robots pour 10.000 travailleurs polonais, contre 338 en Allemagne, 135 en Tchéquie, et 84 en Hongrie.

Mais les entreprises polonaises les plus avant-gardistes comprennent que la robotisation est nécessaire pour maintenir leurs marges à l’avenir, et y investissent fortement. 

L’automatisation promet de régler le problème des pénuries de main d’oeuvre, mais elle devrait aussi permettre à la Pologne d’effectuer une transition: celle d’une économie basée sur une main-d’œuvre bon marché à une économie fondée sur des activités à plus forte valeur ajoutée. Et cette évolution-là, les politiciens et les citoyens du pays, qui la souhaitent depuis longtemps, ne s’y opposeront pas.