Principaux renseignements
- La France accélère la production de drones navals afin de dominer les futurs conflits sous-marins.
- Un nouveau pacte industriel réduit considérablement le délai entre les besoins militaires et le déploiement des technologies.
- Des investissements stratégiques permettent d’équilibrer les systèmes robotiques autonomes et la modernisation des navires de guerre conventionnels.
La France renforce considérablement ses capacités maritimes grâce à un investissement stratégique dans les technologies sous-marines sans pilote. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le pays dispose de l’une des industries de défense les plus solides d’Europe occidentale.
Conscients que les systèmes autonomes joueront un rôle central dans les conflits futurs, les responsables parisiens exhortent les entreprises nationales à accélérer la production de drones navals afin de garantir que la France reste un leader mondial dans ce secteur.
Un nouveau pacte industriel
Pour faciliter cette transition, la ministre des Forces armées, Catherine Vautrin, a présenté un nouveau partenariat industriel lors du salon Euronaval. Ce « pacte » crée un réseau coordonné d’entreprises privées et de responsables militaires, destiné à réduire le délai entre l’identification d’un besoin militaire et le déploiement de la technologie nécessaire.
Plutôt que de se concentrer sur un seul équipement, cette initiative privilégie la flexibilité industrielle et la capacité à développer rapidement des outils destinés à la recherche en eaux profondes, à la cartographie hydrographique et à la protection des câbles et conduites sous-marins vitaux.
Surveillance des grands fonds marins
Dans le cadre de cette initiative, la France acquiert un deuxième véhicule ROV « Deep Sea » auprès de LD Travocean. Ces drones télécommandés à usage intensif peuvent descendre à des profondeurs d’environ 6 000 mètres, atteignant ainsi des zones bien au-delà des limites des plongeurs humains.
Bien qu’ils soient aptes à la recherche scientifique, l’armée a l’intention d’utiliser ces systèmes pour inspecter les infrastructures submergées et surveiller les fonds marins, une capacité jugée essentielle pour la sécurité nationale à une époque où les menaces pesant sur les conduites sous-marines ne cessent de croître.
Modernisation
Par ailleurs, la Marine nationale française investit dans la guerre des mines en commandant huit drones sous-marins A18 à Exail. Ces véhicules multicapteurs sont conçus pour détecter et analyser les mines navales.
En recourant à des robots sacrifiables plutôt qu’à des navires habités, la France peut cartographier les eaux dangereuses et identifier les engins explosifs sans mettre en danger la vie de ses marins.
Capacités d’autonomie à long terme
Pour les opérations à plus grande échelle, le gouvernement se dote d’un autre véhicule sous-marin de combat sans pilote fourni par Naval Group.
Cet engin expérimental, pesant plus de 10 000 kilogrammes et mesurant 10 mètres de long, est conçu pour une autonomie à long terme, ce qui lui permet de rester immergé pendant plusieurs semaines et de réduire la nécessité de missions avec équipage.
Équilibre entre autonomie et tradition
Ces avancées en matière d’autonomie s’accompagnent de modernisations de la puissance navale traditionnelle. Par exemple, un accord récent conclu avec MBDA et Naval Group permettra de doubler la capacité en missiles des frégates FDI, en faisant passer le nombre de cellules d’intercepteurs Aster de 16 à 32.
Cette stratégie à deux volets témoigne de la volonté de la France de trouver un équilibre entre des systèmes robotiques de pointe et des navires de guerre conventionnels renforcés.
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