Principaux renseignements
- La Flandre facturera 180 euros aux entreprises pour chaque demande de permis de travail concernant un salarié non ressortissant de l’UE.
- De nouvelles restrictions obligent les employeurs à donner la priorité aux talents locaux et européens.
- L’augmentation des coûts et le renforcement des contrôles visent à éliminer les abus systémiques en matière de travail.
À partir de l’année prochaine, les entreprises flamandes souhaitant recruter du personnel originaire de pays hors UE seront soumises à une nouvelle obligation financière. La ministre flamande de l’Emploi, Zuhal Demir (N-VA), a annoncé qu’une redevance de 180 euros serait prélevée pour chaque demande déposée. Cette mesure vise à transférer la charge administrative du système de « permis unique » – qui accorde à la fois un titre de séjour et un permis de travail – des pouvoirs publics vers les employeurs eux-mêmes.
Priorité aux talents locaux
La ministre Demir soutient que les entreprises devraient privilégier le recrutement de candidats locaux et européens avant de se tourner vers des talents internationaux.
Cette initiative fait suite à une série de restrictions renforcées mises en œuvre le 1er janvier, qui ont bloqué l’accès aux migrants non européens peu qualifiés et considérablement limité les opportunités pour les personnes disposant de compétences de niveau intermédiaire. Les données montrent que ces politiques fonctionnent comme prévu : les candidatures pour des postes nécessitant des compétences moyennes ont chuté de 61 pour cent, tandis que les demandes concernant des professionnels hautement qualifiés – la cible principale de la stratégie de recrutement de la région – ont augmenté de 12 pour cent.
Lutte contre les abus systémiques
Cette évolution vers une surveillance plus stricte et des coûts plus élevés est en partie une réponse aux défaillances systémiques passées. En 2022, des cas de traite d’êtres humains ont été mis au jour au port d’Anvers, impliquant la société Borealis, où des migrants étaient soumis à des conditions de travail illégales et à des salaires dérisoires.
De plus, des signalements de systèmes frauduleux d’obtention de permis en Turquie ont conduit à la mise en place de protections renforcées pour les travailleurs étrangers.
Réaction des employeurs
Cependant, le monde des affaires a fait part de sa frustration. Gianni Duvillier, de l’organisation patronale Voka, a souligné que cette nouvelle redevance s’ajoute à celle de 152 euros que les entreprises versent déjà à l’Office fédéral de l’immigration.
Duvillier a critiqué ce surcoût ainsi que la longueur du délai de traitement (15 semaines), arguant que l’insistance du gouvernement sur le recrutement local est une théorie irréaliste qui ignore la rigidité inhérente au marché du travail actuel.
La justice comme principe directeur
Malgré ces objections, Demir reste ferme, associant ces nouveaux frais à des réformes plus larges. Étant donné que les nouvelles réglementations à partir de 2026 limiteront la durée des allocations chômage, la ministre fait valoir qu’il est tout simplement équitable d’accorder la priorité aux travailleurs locaux. Selon elle, le fait d’exiger des entreprises qu’elles financent le système dont elles bénéficient garantit que le processus reste durable et équitable pour la population flamande.
(at)
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