La date butoir du 1er octobre approche, mais aucune solution n’est encore en vue pour le bruit des avions au-dessus de Bruxelles


Principaux renseignements

  • De nouvelles consignes d’atterrissage basées sur le GPS ont conduit à la mise en place de couloirs aériens concentrés, ce qui a considérablement accru les nuisances sonores pour les habitants de Bruxelles.
  • Des décisions de justice déclarent désormais illégales les instructions actuelles en matière de trafic aérien, ce qui alimente une vague croissante de poursuites judiciaires.
  • L’impasse politique empêche toute réduction du bruit, les ministres fédéraux bloquant toute modification des trajectoires de vol.

Une solution au problème de l’augmentation des nuisances sonores causées par les avions au-dessus de Bruxelles reste difficile à trouver alors que la date butoir du 1er octobre approche. Le ministre de la Mobilité, Jean-Luc Crucke (Les Engagés), a élaboré une stratégie visant à atténuer ces nuisances, mais il se heurte à une forte opposition de la part de ses homologues fédéraux.

Cause de la hausse du bruit

La tension résulte d’une forte augmentation du nombre de vols au-dessus de quartiers tels que Laeken, Molenbeek et Koekelberg. Ce changement s’est produit il y a environ un an, lorsqu’une trajectoire de vol plus large a été remplacée par un itinéraire très concentré.

Ce changement a été motivé par les nouvelles directives de sécurité européennes RNP (Required Navigation Performance), qui autorisent les atterrissages guidés par GPS en cas de mauvaises conditions météorologiques. Combiné à une interprétation stricte des normes de 2013 relatives au vent par le contrôleur aérien Skeyes, cela s’est traduit par un flux incessant de bruit pour des habitants qui n’en subissaient auparavant que très peu.

Pressions juridiques croissantes

La pression juridique exercée sur le gouvernement s’intensifie. À la suite d’une décision de justice rendue en décembre 2023 en faveur des riverains de la périphérie est de la ville, les instructions actuellement données à Skeyes ne sont plus considérées comme légales.

En réponse, le gouvernement bruxellois et huit communes locales ont engagé des actions en justice ou déposé des plaintes pour mettre fin à la pollution sonore.

Solutions proposées

La solution proposée par le ministre Crucke met l’accent sur une répartition plus équitable des vols. Il suggère de recourir plus fréquemment aux pistes préférentielles (25L et 25R) et de relever les seuils de vent afin que la piste 07 ne soit pas utilisée aussi rapidement en cas de vents arrière venant de l’est. À l’appui de cette proposition, une étude réalisée par CGX a proposé trois alternatives :

  • 1. Une trajectoire courbe rappelant l’ancienne trajectoire VOR 07, qui affecte moins de personnes.
  • 2. L’augmentation de l’altitude de la trajectoire RNP 07L actuelle, bien que cela puisse en réalité accroître le bruit pour certains.
  • 3. Une procédure de vol « à vue » utilisée dans les régions montagneuses, qui pourrait réduire considérablement les niveaux sonores.

Scepticisme des acteurs du secteur aérien

Malgré ces options, Skeyes et diverses compagnies aériennes restent sceptiques, invoquant des préoccupations concernant la capacité de trafic et la conformité aux normes de sécurité européennes.

Certains suggèrent également que Skeyes préfère les routes actuelles, plus concentrées, simplement parce qu’elles sont plus faciles à gérer pour les contrôleurs et permettent un volume de trafic plus élevé. C’est ce qu’écrit BRUZZ.

Impasse politique fédérale

Le principal obstacle est toutefois d’ordre politique. Les partis flamands au sein du gouvernement fédéral, notamment la N-VA et le cd&v, s’opposent à tout changement qui déplacerait les trajectoires de vol vers la périphérie nord de la ville.

De plus, le ministre Frank Vandenbroucke (vooruit) hésite à augmenter le trafic au-dessus de sa propre circonscription dans le Brabant flamand, ce qui crée un paradoxe puisque sa collègue de parti, Ans Persoons, mène la lutte contre le bruit à Bruxelles.

Le risque d’une action unilatérale

Les tentatives de Crucke pour présenter ces plans au noyau fédéral ont été rejetées à plusieurs reprises. Bien qu’il dispose de l’autorité légale pour modifier les normes aéroportuaires de manière indépendante, cela risquerait de déclencher une action en justice pour conflit d’intérêts de la part du gouvernement flamand. Une telle démarche paralyserait de fait sa capacité à agir au sein de l’administration fédérale, ne laissant au ministre que peu de marge de manœuvre, à moins que son parti, Les Engagés, ne soit disposé à faire des concessions significatives lors des négociations budgétaires.

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus