La croissance des exportations chinoises ralentit fortement en mars


Principaux renseignements

  • La croissance des exportations chinoises a ralenti de manière inattendue pour s’établir à 2,5 pour cent en mars, un chiffre bien inférieur aux prévisions des analystes.
  • À l’inverse, les importations ont bondi de 27,8 pour cent, sous l’effet du resserrement des chaînes d’approvisionnement mondiales et de la hausse des prix à l’importation.
  • Malgré le ralentissement des exportations et la diminution de l’excédent commercial, des indicateurs positifs suggèrent que l’économie chinoise continue de faire preuve de résilience.

Les données douanières chinoises publiées mercredi ont révélé que la croissance des exportations chinoises avait considérablement ralenti en mars, s’établissant à seulement 2,5 pour cent par rapport à la même période l’année dernière. Ce chiffre est nettement inférieur aux attentes des analystes, qui avaient prévu une hausse de 8,6 pour cent. Ce ralentissement est attribué à l’affaiblissement de la demande mondiale, influencé par le conflit en cours au Moyen-Orient.

Forte hausse des importations

À l’inverse, les importations ont connu une forte hausse en mars, augmentant de 27,8 pour cent en glissement annuel. Il s’agit de la plus forte croissance des importations depuis novembre 2021, dépassant la hausse prévue de 11,2 pour cent. Cette forte augmentation des importations est due au resserrement des chaînes d’approvisionnement mondiales, qui entraîne une hausse des prix des biens importés.

En raison de cette disparité, l’excédent commercial total de la Chine a diminué de 3 pour cent par rapport à la même période l’année dernière.

Secteur manufacturier protégé

Alors que la Chine dépend fortement des exportations pour sa croissance, son secteur manufacturier reste relativement protégé. Il subit moins l’impact de la hausse des coûts énergétiques et des pénuries de matières premières. Les réserves stratégiques de pétrole jouent un rôle clé. La diversification des sources d’énergie renforce aussi cette résilience. Le contrôle des prix contribue également à atténuer les effets des fluctuations mondiales. Cependant, les experts avertissent qu’une fermeture prolongée du détroit d’Ormuz pourrait avoir des conséquences importantes. Elle pourrait affecter directement l’économie chinoise, largement tirée par les exportations.

Par ailleurs, les importations chinoises de pétrole brut ont légèrement diminué en mars par rapport à l’année précédente. Les importations de gaz naturel ont aussi reculé. En outre, la réduction de l’excédent commercial reflète une limite structurelle. Elle montre que la Chine peine à répercuter la hausse des coûts énergétiques sur les consommateurs étrangers.

Indicateurs positifs 

Malgré le ralentissement des exportations, certains indicateurs sont positifs pour l’économie chinoise. La valeur des importations de terres rares a plus que triplé en mars, et les importations de soja ont affiché une légère hausse. Cependant, la hausse des prix des matières premières et de l’énergie pèse sur les marges des entreprises manufacturières, comme en témoigne une légère augmentation des prix à la sortie d’usine. L’inflation des prix à la consommation reste modérée, ce qui indique une faiblesse persistante de la demande intérieure.

La Chine devrait annoncer jeudi la croissance de son PIB au premier trimestre, les analystes prévoyant une hausse de 4,8 pour cent, légèrement supérieure au plus bas niveau enregistré depuis trois ans au trimestre précédent.

(jw)(fc)

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