La Corée du Nord vise 500 ogives nucléaires pour assurer la pérennité du régime


Principaux renseignements

  • Kim Jong-un vise un arsenal de 300 à 500 ogives afin d’assurer la survie de son régime grâce à une force nucléaire écrasante.
  • La Corée du Nord privilégie désormais la diplomatie coercitive plutôt que la réunification de la péninsule afin de maintenir son contrôle interne.
  • L’expansion de son arsenal de missiles stratégiques vise à fracturer l’alliance entre les États-Unis et la Corée du Sud en sapant les garanties de sécurité.

L’analyse des objectifs stratégiques de Kim Jong-un révèle pourquoi la Corée du Nord développe de manière agressive son arsenal nucléaire pour atteindre un objectif de 300 à 500 ogives. Alors que le pays possède actuellement environ 60 ogives, les dirigeants poussent à une croissance exponentielle afin d’assurer l’avenir du régime et de redéfinir sa position sur la scène internationale.

Perceptions de la dissuasion et de la survie du régime

Le dirigeant nord-coréen considère probablement son programme nucléaire comme une réussite majeure. Cet arsenal a potentiellement influencé les priorités stratégiques des États-Unis, détournant leur attention vers des menaces moins importantes comme l’Iran plutôt que de déclencher un conflit avec Pyongyang. De plus, Kim pourrait percevoir un déclin de l’efficacité de la dissuasion américaine, constatant que les États-Unis ont peiné à éliminer des régimes adverses malgré des renseignements de grande qualité.

Cette faiblesse perçue encourage Kim à renforcer encore ses forces afin d’assurer sa survie personnelle et de maintenir une autorité absolue sur le plan intérieur grâce à une culture de la peur et du pouvoir.

Évolution des objectifs : de la réunification à la coercition

Au-delà de la simple survie, Kim vise à positionner la Corée du Nord comme un partenaire mondial à part entière des États-Unis, en recourant à la coercition nucléaire pour obtenir des ressources économiques et politiques. Il est intéressant de noter que Kim s’est récemment détourné de l’objectif à long terme de réunification de la péninsule.

En désignant la Corée du Sud comme un adversaire principal plutôt que comme un partenaire de réunification, il empêche ses citoyens d’être exposés au niveau de vie supérieur du Sud, ce qui menacerait son contrôle interne. Son objectif est passé de la conquête militaire à la création d’un « rideau de fer » et à l’extraction d’un tribut financier minimal de la part du Sud afin de maintenir son train de vie sans déstabiliser son emprise sur le pouvoir.

Briser les alliances par la guerre psychologique

Pour parvenir à cette domination sans recourir à une invasion à grande échelle, Kim s’attache à briser l’alliance entre les États-Unis et la Corée du Sud en semant le doute sur la fiabilité des garanties de sécurité américaines.

Cette stratégie s’appuie sur de fréquents essais de missiles et des démonstrations militaires destinées à projeter une image de supériorité.

L’arithmétique de la domination nucléaire

Pour calculer la taille nécessaire de l’arsenal, il faut examiner la relation entre les cibles et les échecs de tir. Kim comprend que tous les missiles n’atteindront pas leur cible en raison de défaillances techniques ou d’intercepteurs. Pour garantir un coup dévastateur, il a probablement besoin d’un surplus d’armes, potentiellement deux à trois fois le nombre de cibles en Asie, et trois à quatre fois ce nombre pour les cibles américaines, compte tenu de la sophistication des défenses antimissiles américaines.

Si Kim a l’intention de menacer environ 25 sites civils et militaires clés dans chaque pays adversaire, le calcul nécessite un stock de plusieurs centaines d’ogives afin de garantir qu’un nombre suffisant d’entre elles survivent pour infliger des coûts inacceptables.

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