La Chine dit non merci au pétrole russe, malgré son alliance présumée avec le Kremlin

Les entreprises publiques chinoises renoncent aux nouveaux contrats pétroliers russes ; c’est ce que l’on peut lire dans un rapport publié mercredi par l’agence de presse Reuters. La décision d’évitele pétrole russe est en contradiction avec l’intérêt que le géant asiatique a manifesté précédemment pour le gaz naturel liquéfié (GNL) de ce pays – même si toute transaction dans ce domaine se faisait en toute discrétion.

Pourquoi est-ce important ?

Alors que les sanctions occidentales continuent de nuire à l'économie russe, M. Poutine se tournera de plus en plus vers la Chine comme partenaire commercial, selon certains analystes.

Si la Chine n’a pris aucune mesure pour sanctionner la Russie suite à son invasion de l’Ukraine, ses raffineries d’État ne nouent finalement pas de nouveaux liens avec le régime russe pour leur approvisionnement en pétrole.

Celles-ci continueront toutefois à honorer les contrats russes existants. Mais Sinopec, la plus grande raffinerie d’Asie, et d’autres entreprises publiques du secteur de l’énergie, CNOOC, PetroChina et Sinochem, ont refusé de nouvelles livraisons de pétrole russe pour le mois de mai.

Ces entreprises rejoignent les récentes exhortations à la prudence des dirigeants de Pékin. Après que Washington a imposé un embargo sur le pétrole russe en mars, les raffineries chinoises ne veulent pas donner le signal qu’elles soutiennent Moscou, rapporte Reuters.

Offres de gaz

L’attitude réticente de la Chine à l’égard du pétrole russe est quelque peu contradictoire avec son intérêt pour les produits gaziers de son allié. Selon des sources de l’agence de presse Bloomberg, Sinopec et PetroChina, par exemple, seraient en pourparlers avec des fournisseurs pour acheter des cargaisons au comptant en provenance de Russie à des rabais substantiels.

Toutefois, là aussi, Pékin souhaite procéder avec prudence. Au lieu de participer directement à un appel d’offres pour la vente de GNL russe, les entreprises chinoises veulent utiliser des « sleeves », c’est-à-dire des entreprises qui achètent en leur nom pour masquer leurs achats. De cette manière, leur activité au comptant demeure masquée. Il semblerait plutôt que le secteur énergétique chinois planche sur un approvisionnement en gaz russe dans le cadre d’un contrat à long terme.

L’ambiguïté règne dans les relations entre les deux puissances. Surtout si l’on considère qu’en février, un partenariat commercial « sans limites » a été annoncé en grande pompe et que la Chine n’a jamais condamné explicitement l’agression russe en Ukraine. Entre-temps, la deuxième plus grande économie du monde ne semble plus vouloir faire comme si de rien n’était avec la Russie.

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