La Belgique parmi les pays aux plus hauts taux de surmortalité

(Foto: Matteo Biatta/SINTESI/SIPA/Isopix)

Avec près de 60.000 morts de plus par rapport à la moyenne des années précédentes depuis le début de la pandémie, le Royaume-Uni déplore la plus forte surmortalité en regard de sa population. En seconde place de ce triste classement, on retrouve l’Italie, suivie de la Belgique et de l’Espagne.

Au vu des nombreuses différences de méthodologie selon les pays dans le comptage des victimes de la pandémie de coronavirus, l’analyse de la surmortalité est considérée par plusieurs experts comme la manière la plus fiable d’établir une comparaison internationale. Cette méthode aurait de plus l’avantage de prendre en compte les décès qui ne sont pas directement dus au Covid-19, mais qui sont néanmoins liés au pic épidémique, comme les maladies non traitées à cause du confinement. C’est pourquoi le Financial Times a choisi cette approche comme socle de son analyse, publiée ce jeudi sur site, et portant sur les données statistiques officielles de 19 pays frappés par le virus.

Surmortalité vs bilan Covid-19

À sa lecture, on apprend donc que le nombre de décès supplémentaires au Royaume-Uni, par rapport à la moyenne des cinq dernières années, atteignait pratiquement la barre des 60.000 à la mi-mai, selon les chiffres du Bureau national des statistiques (ONS) dévoilés mardi. C’est énorme, mais moins que les États-Unis, pays le plus touché au monde en termes de décès absolus. Quant à la Belgique, elle pointe au huitième rang, juste derrière les Pays-Bas.

Pour bien comprendre l’intérêt de l’approche de la surmortalité, précisons que le bilan officiel du gouvernement britannique fait état de ‘seulement’ 37.460 morts testés positifs. Le bilan grimpe cependant à 46.000 si l’on y ajoute les morts dont le Covid-19 est la cause suspectée, et ce à la mi-mai et toujours selon l’ONS.

La Belgique entre l’Italie et l’Espagne

Mais rapportés au nombre d’habitants, les chiffres britanniques montrent une surmortalité de 891 décès par million. Et soudainement, les États-Unis ne figurent plus qu’à la onzième place mondiale, avec 200 morts par million d’habitants. Deuxième de ce macabre classement, l’Italie compte un peu moins de 800 décès par million, suivie de la Belgique (environ 750) et l’Espagne (près de 700). Au cinquième rang, à bonne distance, on retrouve alors les Pays-Bas (500).

Par ailleurs, et contrairement à d’autres pays durement touchés, le taux de surmortalité a fortement augmenté dans toutes les régions du Royaume-Uni, Londres étant de loin la zone la plus touchée.

‘Une intervention plus précoce aurait permis de sauver des vies’

Interrogée par le FT, Natalie Dean, professeure-adjoint en biostatistique à l’Université de Floride, estime que certains pays, comme l’Italie, ont eu la ‘malchance’ d’être frappés par le virus parmi les premiers.

Selon elle, cela aurait dû permettre aux autres nations de tirer à temps les leçons qui s’imposaient. ‘J’ai été très surprise par la réaction tardive du Royaume-Uni. Étant donné ce que nous observions en Italie à l’époque, et le fait que le Royaume-Uni était sur la même trajectoire, avec la même très forte hausse, j’ai été surprise de voir qu’il était question d’attendre. Il était nécessaire d’arrêter immédiatement ce qui se passait (…) Il est donc raisonnable de penser qu’une intervention plus précoce aurait permis de sauver des vies’, conclut-elle.