La BCE est coincée: la transition énergétique rend impossible une hausse des taux d’intérêt à court et à long terme

La transition énergétique aura des conséquences majeures pour l’économie de la zone euro. La conséquence la plus importante est certainement qu’elle sera un obstacle majeur à la hausse des taux d’intérêt.

La BCE a déjà prévenu que la perte de pouvoir d’achat des ménages due à la hausse des prix de l’énergie rendra impossible une politique monétaire plus restrictive. Elle souhaite probablement aussi faciliter les investissements dans la transition énergétique, ce qui nécessiterait des taux d’intérêt très bas. Selon la Commission, environ 379 milliards d’euros d’investissements annuels sont nécessaires dans le secteur énergétique sur la période 2020-2030.

Dans une note aux clients, la banque d’investissement française Natixis met en garde contre une inflation plus élevée et plus volatile. Cela réduira encore le pouvoir d’achat des ménages, notamment ceux à faibles revenus.

1. Le prix de l’énergie va augmenter

Le graphique ci-dessous montre déjà que la transition énergétique va augmenter le prix de l’énergie. Parce que le coût des énergies renouvelables est élevé en raison de leur production intermittente. Cela signifie que l’électricité doit être stockée lorsqu’elle peut être produite, ce qui est coûteux. Le graphique compare l’augmentation des prix de l’énergie (ligne grise) à celle de l’ensemble des produits et services (ligne violette).

2. Le remplacement du vieux capital par du nouveau entraîne une hausse de l’inflation

En outre, la transition entraîne le remplacement du vieux capital (voitures à essence, production et combustibles fossiles) par un nouveau capital à utiliser (voitures électriques, énergies renouvelables). Par conséquent, les entreprises doivent augmenter leurs exportations afin d’accroître les revenus du capital. Ce qui entraîne à son tour une hausse de l’inflation.

3. La demande de combustibles fossiles va dépasser l’offre

Un problème supplémentaire qui alimentera l’inflation est que lorsque l’offre de combustibles fossiles est dépassée par la demande de combustibles fossiles, les prix de l’énergie culmineront pendant les périodes de forte demande énergétique.

Par exemple, des estimations récentes de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) montrent que la demande de pétrole augmentera de 3,3 millions de barils par jour d’ici 2022 pour atteindre 99,5 millions de barils, soit un tout petit peu moins qu’en 2019. La demande de kérosène a chuté en raison des restrictions imposées aux voyages internationaux. Mais l’AIE voit la demande de pétrole augmenter principalement dans le transport routier de marchandises et l’industrie pétrochimique.

Le graphique ci-dessous montre que l’investissement dans les combustibles fossiles a de nouveau augmenté l’année dernière après une baisse pendant de nombreuses années.

4. La transition énergétique entraîne des investissements importants

Enfin, la banque d’investissement française souligne que la transition énergétique nécessitera d’importants investissements supplémentaires. Principalement dans la production et le stockage des énergies renouvelables, les réseaux électriques et la décarbonisation de l’industrie. La rénovation thermique des bâtiments et des maisons nécessitera également beaucoup d’argent supplémentaire. Mais le rendement financier de ces investissements est faible (production d’électricité verte) ou peu élevé (décarbonisation de l’industrie, rénovation thermique des bâtiments).

La banque conclut que ces quatre développements empêcheront la BCE de retirer sa politique monétaire strictement expansionniste. Si les taux d’intérêt sont quand même relevés, les ménages risquent de perdre encore plus de pouvoir d’achat. Il sera également plus difficile pour la banque de contribuer aux investissements supplémentaires nécessaires. La BCE est coincée et l’inflation devrait perdurer.

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