L’Antonov An-2, l’avion unique qui plane et vole en arrière

Au début du mois d’avril, la Corée du Nord a fait part du développement d’un nouveau type de camouflage pour l’un de ses avions les plus importants : le biplan monomoteur soviétique Antonov An-2. Cependant, cet avion dont le premier vol a eu lieu en 1947 semble davantage sorti d’un documentaire historique plutôt que de la flotte militaire d’un pays en alerte constante, écrit la BBC. .

Pourtant, ce modèle soviétique d’aéronef à l’aspect archaïque possède des caractéristiques uniques, raison pour laquelle des milliers d’exemplaires ont été fabriqués et distribués à travers le monde. Après trois décennies de production, les An-2 sont toujours en fonctionnement.

Outre un décollage et un atterrissage extrêmement courts, l’An-2 dispose de fonctionnalités exceptionnelles comme la capacité à planer tel un hélicoptère et à voler en arrière.  

Un design sur mesure

L’An-2 a été développé et conçu pour les besoins du Comité d’Etat soviétique des Forêts pour les récoltes et pour le transport. Son concepteur Oleg Antonov a construit un grand biplan, d’un seul moteur, pourvu d’une cockpit fermé, capable de transporter 12 passagers ou une tonne de marchandise.

Etant donné que l’An-2 est conçu pour des opérations sur des terrains irréguliers, au sein de zones sauvages peu peuplées, son concepteur a élaboré un appareil simple et résistant, capable de décoller et d’atterrir dans des espaces très confinés. En Union soviétique et en Pologne jusqu’en 1991, plus de 19.000 An-2 ont été construits. Plusieurs milliers de modèles ont été également fabriqués en Chine sous licence.

Inconfortable, bruyant mais unique

« La raison pour laquelle l’An-2 s’emploie encore en aviation, est le fait qu’il n’existe pas d’autre avion comparable », explique Bernie Leighton, écrivain d’aviation qui a voyagé en An-2 en Biélorussie.

« Si vous avez besoin d’un avion capable de transporter 10 soldats, personnes ou chèvres et qui puisse décoller et atterrir n’importe où, vous avez soit l’An-2, soit l’hélicoptère », ajoute Leighton.

« Voler dans An-2 n’a rien à voir avec un vol au sein d’un autre appareil moderne ». Dans un An-2, toutes les imperfections du terrain sont ressenties et le bruit est important pour un aéronef qui ne possède qu’un seul moteur.

« Mais il faut se rappeler que cet avion n’a pas été construit pour la commodité des passagers », explique-t-il.

Le secret de la marche arrière

Les deux paires d’ailes de l’An-2 génèrent beaucoup de sustentation, ce qui permet un décollage sur une distance très courte. Si le vent est assez fort, entre 15 et 20 nœuds, l’Am-2 peut planer comme un hélicoptère. La vitesse minimal de cet avion est aussi surprenante : l’An-2 peut être contrôlé totalement à seulement 40km/h, contre 80km/h de vitesse minimale pour un Cessna. Il s’agit de la raison pour laquelle l’usage ce biplan est fréquemment utilisé dans les écoles de parachute ou de parapente.  Pour arriver à planer, le pilote doit aller contre le vent et si, le courant est assez fort, il est possible de faire en sorte que l’avion volent lentement en arrière.

Une conception impressionnante

La clé de la capacité de l’An-2 pour le vol stationnaire et pour voler en arrière se trouve dans les « surfaces de contrôle » des ailes. La partie antérieure de l’avion est équipée de panneaux aérodynamiques flexibles, appelés en anglais « leading edge slats », qui se déploient au moment de l’atterrissage car ils permettent d’augmenter la résistance au vent et de réduire la vitesse de l’appareil. D’autres panneaux sont eux situés sur la partie postérieure de l’avion et outre leur capacité de ralentissement, ils sont également capables d’augmenter la portance de l’avion grâce à la modification des ailes, à une vitesse ridiculement basse.

L’An-2 ne possède aucun ordinateur chargé du mouvement des surfaces. L’appareil n’a même pas de direction hydraulique qui aide ces mouvements. « Tout dépend de câbles, de barres et de la force physique », explique Bill Leary, gérant du club de vol britannique UK An-2.

L’An-2 n’est pas un avion confortable. Par contre, il s’agit d’un appareil extrêmement sûr qui peut voler à reculons, ce qui le distingue des avions traditionnels.

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