Kim Jong-un serait bien vivant, tout comme le mystère entourant sa ‘disparition’

Kim Jong-un inaugure une usine d’engrais, le 2 mai 2020, selon des images diffusées par KCNA. – Isopix

Après trois semaines de ‘disparition’ propices aux rumeurs, les médias officiels nord-coréens ont diffusé samedi des images de Kim Jong-un inaugurant une usine près de Pyongyang. Une réapparition qui met fin aux spéculations sur sa mort, mais pas sur les raisons de cette absence inhabituellement longue.

Le ‘dirigeant suprême’ de la Corée du Nord, Kim Jong-un, est apparu en bonne forme et souriant sur des photos et vidéos diffusées par l’agence de presse officielle du régime KCNA, lors de l’inauguration samedi d’une usine d’engrais à Sunchon, à quelque 50 kilomètres de la capitale.

Ces images, qui n’ont toutefois pas pu être authentifiées avec une absolue certitude, mettent ainsi fin à trois semaines d’interrogations autour de l’état de santé du dictateur nord-coréen.

‘En danger grave’?

Tout était parti d’une absence exceptionnelle, et donc particulièrement remarquée, lors des célébrations marquant le 108e anniversaire de la naissance du fondateur du régime nord-coréen, Kim Il-sung, le 15 avril dernier. Un événement qui est pourtant hautement symbolique dans l’agenda politique du pays.

Dans la foulée, le média en ligne Daily NK avait affirmé que Kim Jong-un avait dû subir une lourde opération chirurgicale et qu’il était vraisemblablement ‘en danger grave’. ‘La raison du traitement cardio-vasculaire urgent qu’a subi Kim était son tabagisme excessif, son obésité et sa fatigue’, avait même avancé le média, sur base d’une source nord-coréenne non identifiée. Depuis lors, et jusqu’au week-end dernier, les rumeurs étaient allées bon train, évoquant même parfois la mort du dirigeant de 36 ans.

Coup dur pour les transfuges

Ce retour au premier plan de Kim Jong-un jette quelque peu le discrédit sur les transfuges du régime nord-coréen qui avaient véhiculé ces rumeurs. L’un d’entre eux, Thae Yong-ho, a présenté ses excuses ce lundi pour avoir affirmé la semaine dernière que le dictateur était trop malade que pour se tenir debout. Dans une déclaration relayée par Reuters, celui qui était ambassadeur adjoint en Grande-Bretagne avant sa défection en Corée du Sud en 2016 et son élection au Parlement le mois dernier s’est dit ‘conscient que l’une des raisons pour lesquelles beaucoup d’entre vous ont voté pour moi en tant que législateur est l’attente d’une analyse et de projections précises sur les questions nord-coréennes. Je ressens le blâme et une lourde responsabilité. Quelles que soient les raisons, je m’excuse auprès de tout le monde.’

Dès le début, les informations de Daily NK avaient été remises en doute par la Maison Bleue, la présidence sud-coréenne. ‘Nous n’avons rien à confirmer et aucun mouvement particulier n’a été détecté en Corée du Nord’, avait fait savoir un porte-parole via un communiqué.

Rumeurs et mystère persistent

Une position qui a été réaffirmée ce dimanche par un officiel, sous couvert d’anonymat, à l’agence Yonhap et reprise par Reuters. ‘Il y a eu des rapports spéculatifs selon lesquels le président Kim aurait subi une opération chirurgicale en raison d’une différence dans sa démarche’, certains observateurs ayant cru y déceler un changement sur les images de samedi dernier. ‘Nous avons des raisons de croire qu’il n’y a pas eu d’opération, mais nous ne pouvons pas divulguer ces détails.’

Autre source de rumeurs depuis samedi: une marque sur l’avant-bras de Kim Jong-un. Pour des experts américains, il s’agirait de la trace laissée par l’insertion d’un stent dans l’artère radiale. Selon la présidence sud-coréenne, il s’agirait plutôt d’une marque laissée par une technique de stimulation par la chaleur de certains points d’acupuncture appelée moxibustion.

Enfin, cette absence pourrait également être expliquée selon certains par la pandémie de nouveau coronavirus… Infection ou isolement par précaution? Nul ne le sait.

Toujours est-il que le mystère entourant les véritables raisons de la ‘disparition’ de Kim Jong-un reste entier. Et au vu des antécédents du régime nord-coréen, il n’est probablement pas près d’être percé. Toutefois, l’absence du ‘dirigeant suprême’ aura eu le mérite de mettre en lumière le rôle clé de sa sœur, Kim Yo-jong, que certains voyaient déjà lui succéder…