Il en reste trois et ils auront disparu d’ici 20 ans : comment les glaciers d’Afrique symbolisent la catastrophe climatique à venir

Les trois derniers glaciers d’Afrique reculent si rapidement qu’ils disparaîtront d’ici deux décennies. Selon un nouveau rapport des Nations unies, ils sont le symbole de la dévastation plus large causée par le changement climatique sur le continent. Le rapport dresse un tableau effrayant des conséquences de la crise et de ce qui attend l’Afrique si des mesures urgentes ne sont pas prises.

Bien que les pays africains contribuent pour moins de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, les organes du rapport soulignent l’impact disproportionné que le changement climatique a sur les 1,3 milliard d’habitants du continent, alors que les inondations s’aggravent, que les sécheresses durent plus longtemps et que les températures continuent à augmenter.

« Le rétrécissement rapide des derniers glaciers d’Afrique de l’Est, qui devraient fondre complètement dans un avenir proche, indique la menace d’un changement imminent et irréversible du système terrestre », a déclaré le secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale, Petteri Taalas, dans un avant-propos au rapport.

En 2020, le climat de l’Afrique était caractérisé par une hausse soutenue des températures, une accélération de l’élévation du niveau de la mer, des phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes tels que les inondations, les glissements de terrain et les sécheresses, et leurs effets dévastateurs associés.

La disparition des glaciers est une manifestation physique du changement du climat de la Terre. Il en reste trois : sur le mont Kilimandjaro en Tanzanie, sur le mont Kenya au Kenya et dans les monts Rwenzori qui bordent l’Ouganda et la République démocratique du Congo. Ils se résorbent depuis des années.

La tendance au réchauffement sur 30 ans pour la période 1991-2020 était supérieure à celle de la période 1961-1990 dans toutes les sous-régions africaines et nettement supérieure à celle de la période 1931-1960, indique le rapport. Si cette tendance se poursuit, elle conduira à une déglaciation totale d’ici 2040. Le glacier du mont Kenya – dont la neige recouvrait autrefois le sommet, à quelque 5 000 mètres d’altitude – devrait disparaître dix ans plus tôt, ce qui en fait l’une des premières chaînes de montagnes entières à perdre ses glaciers en raison du changement climatique dû à l’homme.

Une image terrifiante de ce qui attend l’Afrique

Le rapport dresse un tableau effrayant des conséquences à ce jour et de ce qui attend l’Afrique si des mesures urgentes ne sont pas prises. D’ici 2030, jusqu’à 118 millions de personnes vivant avec moins d’un euro et demi par jour en Afrique seront exposées à la sécheresse, aux inondations et aux chaleurs extrêmes si des mesures adéquates ne sont pas prises, selon le rapport. Il prévient que la lutte quotidienne des familles pour trouver de la nourriture deviendra plus difficile à mesure que convergeront les effets des conflits prolongés, de l’instabilité politique, de la variabilité du climat, des épidémies de parasites et des crises économiques, exacerbés par la pandémie de coronavirus.
Comme l’a récemment déclaré David Beasley, responsable du Programme alimentaire mondial des Nations unies, « c’est une partie du monde qui n’a rien contribué au changement climatique, mais qui est maintenant celle qui en paie le prix le plus élevé. »

Dans l’État insulaire d’Afrique orientale de Madagascar, par exemple, les Nations unies ont déjà prévenu que le monde était en train d’assister à ce qu’elles appellent « la première famine climatique ». Des milliers de personnes y sont actuellement confrontées à des pénuries alimentaires catastrophiques et, selon l’organisation mondiale, plus d’un demi-million de personnes sont à deux doigts de mourir de faim. Environ 800 000 autres personnes risquent de les rejoindre.

Dans le monde entier, les catastrophes liées au climat forcent aujourd’hui deux fois plus de personnes à quitter leur foyer que les guerres et les conflits armés. Au cours des six premiers mois de 2020, le Centre de surveillance des déplacements internes, un service de données non gouvernemental, a enregistré 14,6 millions de nouveaux déplacements dans 127 pays et territoires. Les conflits et la violence ont représenté environ 4,8 millions d’entre eux, les catastrophes 9,8 millions. Selon le rapport, l’Afrique de l’Est est à l’origine d’environ 12 % de ces déplacements, les conflits ayant chassé quelque 500 000 personnes de chez elles et les catastrophes climatiques en ayant affecté 1,2 million d’autres. D’ici 2050, le monde pourrait connaitre 216 millions de réfugiés climatiques.

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