Les antennes-relais de Huawei écoutent-elles les bases militaires américaines ?

Les Américains se méfient des technologies chinoises en général, et des appareils connectés en particulier, qu’ils suspectent de les espionner. Alors que des marques comme Huawei ne sont plus en odeur de sainteté aux USA, les enquêtes – secrètes, jusqu’ici – continuent.

Les smartphones de la marque chinoise Huawei ont un temps été très populaires, aux États-Unis comme en Europe, en particulier grâce à leur rapport qualité/prix attractif. Mais tout a changé quand les autorités américaines ont commencé à s’inquiéter de la présence croissante de machines chinoises à proximité des lieux stratégiques, civils ou militaires.

Des oreilles bien placées

Alors que la marque chinoise a été depuis particulièrement ciblée par les restrictions économiques imposées par les États-Unis, mais ses infrastructures, elles, sont restées en place. Or voici que l’administration Biden relance l’enquête, car elle craint que les antennes-relais de téléphonie mobile disséminées aux USA et équipées avec du matériel de chez Huawei ne constituent un potentiel réseau d’espionnage. Les autorités craignent que Huawei n’obtienne des données sensibles sur les exercices militaires et l’état de préparation des bases et du personnel via ces antennes, pour le plus grand bénéfice du renseignement chinois, qui pourrait bien obtenir ainsi des renseignements sur les silos à missiles nucléaires de l’oncle Sam.

Cette enquête, entamée par le département du Commerce peu après l’entrée en fonction de Joe Biden au début de l’année dernière, était jusqu’à présent restée secrète, précise Euractiv. Ce sont plusieurs sources anonymes, mais proches du dossier, qui viennent de révéler son existence auprès de l’agence Reuters.

« Tout faire pour supprimer Huawei »

Huawei n’a pas commenté ces accusations, et a toujours démenti n’avoir jamais servi de couverture à l’espionnage chinoise. L’ambassade de Chine aux États-Unis n’a pas non plus donné de réponse spécifique, mais s’est permis une déclaration plus générale: « Le gouvernement américain abuse du concept de sécurité nationale et du pouvoir de l’État pour tout faire pour supprimer Huawei et d’autres entreprises de télécommunications chinoises sans fournir de preuves solides qu’elles constituent une menace pour la sécurité des États-Unis et d’autres pays. »

Du côté du département américain du Commerce, on ne pouvait ni infirmer ni confirmer la réalité de cette enquête. Mais cela fait un moment que la sécurité intérieure américaine s’inquiète: « Si des entreprises chinoises comme Huawei se voient accorder un accès sans entrave à notre infrastructure de télécommunications, elles pourraient collecter n’importe laquelle de vos informations qui traversent leurs appareils ou leurs réseaux », avertissait Christopher Wray, directeur du FBI, dans un discours prononcé en 2020. « Pire encore : ils n’auraient d’autre choix que de les remettre au gouvernement chinois, si on le leur demande. »

Si le département du Commerce détermine que Huawei constitue une menace pour la sécurité nationale, il pourrait aller au-delà des restrictions existantes imposées par la Federal Communications Commission (FCC), l’autorité américaine de régulation des télécommunications. En utilisant les nouveaux pouvoirs étendus créés par l’administration Trump, l’agence pourrait interdire toutes les transactions américaines avec Huawei et exiger que les opérateurs télécoms américains qui utilisent encore son matériel le retirent rapidement, sous peine d’amendes ou d’autres sanctions.

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