Principaux renseignements
- Avec un potentiel de 120 GW d’énergie solaire sur les toits, la Turquie pourrait couvrir près de la moitié de ses besoins en électricité.
- Les obstacles bureaucratiques et les longs délais d’obtention des permis freinent actuellement l’adoption généralisée de cette technologie dans le secteur résidentiel.
- Des investissements dans le stockage et les réseaux intelligents garantiront l’indépendance énergétique du pays.
Une étude récente de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) souligne que la Turquie dispose d’un potentiel considérable en matière d’installations solaires sur toiture, estimé à 120 gigawatts.
S’ils étaient pleinement exploités, ces systèmes pourraient fournir près de la moitié des besoins totaux en électricité du pays. Le passage à ce modèle décentralisé réduirait la dépendance vis-à-vis des réseaux électriques à grande échelle et augmenterait la part de l’énergie solaire dans le mix énergétique national.
Avantages économiques et stratégiques
La transition vers une énergie distribuée offre des avantages économiques et stratégiques considérables. En produisant leur propre électricité, les consommateurs peuvent réduire leurs factures d’électricité et diminuer la nécessité pour l’État d’octroyer des subventions énergétiques.
Du point de vue de la sécurité, les installations solaires sur les toits constituent une infrastructure plus résiliente. En cas de catastrophes naturelles telles que des tremblements de terre qui paralysent les réseaux centraux, ces systèmes peuvent garantir le maintien d’un niveau minimal d’approvisionnement en électricité.
Obstacles administratifs
Malgré ces avantages, l’adoption de l’énergie solaire résidentielle et à petite échelle se heurte à des obstacles importants. Bien qu’un système de facturation nette mis en place en 2019 permette aux utilisateurs de vendre leur surplus d’électricité, les démarches administratives menant à l’installation sont fastidieuses.
Actuellement, l’obtention des autorisations nécessaires auprès de diverses agences gouvernementales peut prendre près de sept mois, ce qui dissuade les utilisateurs potentiels.
Réformes réglementaires et futures obligations
Pour lutter contre ces retards, le gouvernement turc est en train de mettre à jour son cadre réglementaire. De récentes modifications législatives visent à raccourcir considérablement les délais d’octroi des autorisations pour les projets d’énergie renouvelable, en réduisant l’attente de quatre ans à environ 18 mois.
Les experts estiment que des obligations imposant l’installation de panneaux solaires sur les bâtiments publics et les constructions neuves, associées à une simplification des procédures de demande, accéléreraient encore davantage l’indépendance énergétique.
(at)
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