L’État belge veut à nouveau emprunter de l’argent à la population : cette fois, le rendement des bons d’État pourrait dépasser 2,5%

Le 4 décembre prochain, le gouvernement belge frappera à nouveau à la porte des épargnants pour leur emprunter de l’argent. Cette fois, il sera possible de confier son argent à l’État pour 5 ou 10 ans. On ne sait pas encore combien les bons d’État vont rapporter, mais il y a fort à parier que les taux pourraient dépasser 2,5% (brut).

Pourquoi est-ce important ?

En raison des taux d'intérêt extrêmement bas, les épargnants n'ont pas été très enclins à investir une partie de leur argent dans des obligations d'État ces dernières années. En conséquence, le gouvernement a même interrompu les émissions pendant plusieurs années. Maintenant que la Banque centrale européenne (BCE) augmente les taux d'intérêt, l'intérêt des investisseurs repointe le bout de son nez. Toutefois, les rendements sont loin de suivre l'inflation.

Dans l’actualité : deux nouvelles émissions de bons d’État auront lieu le 4 décembre.

  • Ces nouvelles émissions vous permettront de prêter votre argent à l’État belge pour cinq ou dix ans.
  • La période de souscription s’étend du jeudi 24 novembre 2022 au vendredi 2 décembre 2022, avec un paiement le lundi 5 décembre 2022.
  • Le rendement que recevront les investisseurs n’est pas encore clair. Cela sera déterminé le 22 novembre.
  • Cependant, nous pouvons déjà faire une estimation provisoire. Le gouvernement se base sur le taux d’intérêt des obligations linéaires belges (OLO) pour déterminer le coupon du bon d’État. L’OLO à cinq ans est d’environ 2,4% et celle à dix ans de 2,8%. N’oubliez pas que vous devez payer un impôt à la source de 30% sur les coupons.
  • Si les coupons correspondent à ces rendements, les obligations d’État auront un rendement supérieur à celui des bons d’État émis le 4 septembre. Ceux qui en ont acheté 1,05% (à cinq ans) 1,7% (à dix ans) bruts.

Le tableau général : le gouvernement a recommencé à émettre des bons d’État cette année, après une pause de trois ans.

  • En raison des taux d’intérêt extrêmement bas, le gouvernement n’a pas trouvé suffisamment de candidats pour acheter des titres de créance. En fait, les taux d’intérêt à long terme ont été négatifs pendant longtemps, ce qui impliquait qu’il fallait payer une commission au lieu d’en recevoir une. Cela a incité le gouvernement à appuyer sur le bouton pause.
  • Depuis, nous en sommes désormais à la troisième émission de l’année.

Et les intérêts ? On peut parler de succès mitigé si l’on considère les sommes que le gouvernement a déjà pu réunir grâce à ce système.

  • Lors de la première émission, en juin, les Belges ont prêté près de 40 millions d’euros à l’État.
  • Lors du deuxième, en septembre, l’intérêt n’a pas été aussi marqué. Le gouvernement a collecté 20,6 millions d’euros. Un chiffre surprenant, car les investisseurs ont reçu un coupon plus élevé.
  • Selon l’Agence fédérale de la dette, le mois de septembre a été un mois coûteux pour de nombreuses familles, ce qui explique en partie pourquoi l’intérêt pour les bons d’État a été moindre.
  • Les investisseurs s’attendaient également à recevoir un coupon plus élevé lors des futures émissions, la BCE continuant à augmenter les taux d’intérêt. Lors de la dernière réunion, les taux d’intérêt ont été relevés de 75 points de base pour la deuxième fois consécutive.

Une bonne idée ? Les bons d’État rapportent bien plus que ce que vous obtenez sur un compte d’épargne. Dans 70% des banques, vous devez pour l’instant vous contenter d’un taux d’intérêt de 0,11%, le strict minimum pour les livrets d’épargne réglementés. Vous devez toutefois tenir compte de certaines conditions si un bon d’État vous intéresse.

  • Vous mettez votre argent de côté pendant plusieurs années. Ce capital n’est donc pas disponible pendant une longue période.
  • En outre, le coupon est bloqué pour toute la durée du contrat. Ainsi, vous n’aurez pas un rendement plus élevé si les taux d’intérêt du marché augmentent. Il faudra alors profiter d’une nouvelle émission.
  • Et, bien sûr, il ne faut pas oublier l’inflation. Même si vous obtenez un coupon allant jusqu’à 2,8%, c’est de loin insuffisant pour compenser la perte de pouvoir d’achat. L’inflation belge a atteint 12,3% en glissement annuel en octobre, soit plus de quatre fois le taux à dix ans.

(OD)

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