Eric Schmidt (ex-Google) lance un gigantesque recrutement d’adolescents ‘d’exception’ dans le monde entier

Eric Schmidt veut détecter les adolescents des quatre coins du globe – Isopix

Avec Rise, Eric Schmidt met sur pied un projet d’ampleur mondiale. Le but: repérer les jeunes talents sur tous les continents. L’ancien CEO de Google est convaincu que la nouvelle génération a beaucoup à apporter à la société.

Eric Schmidt place de grands espoirs dans la nouvelle génération. Il attend avec impatience le rajeunissement des leaders mondiaux. Au plus tôt nous mettrons la jeune génération aux commandes, compte tenu de toutes les erreurs que nous avons commises, au mieux ce sera, a-t-il déclaré dans une longue interview accordée au magazine Time.

L’ancien CEO de Google (2001-2011) compte aider les adolescents d’exception à faire reconnaître leur talent. Son organisation philanthrope Schmidt Futures s’allie à une autre association, Rhodes Trust, pour lancer le programme Rise. Il doit permettre de détecter les jeunes d’exception aux quatre coins du monde afin que ceux-ci planchent sur des solutions permettant d’améliorer la société.

Quels profils recherche-t-il ?

Rise s’adresse exclusivement aux adolescents âgés de 15 à 17 ans désirant travailler sur les problèmes les plus difficiles. Les talents sélectionnés pourront bénéficier d’un accompagnement tout au long de leur vie, afin de les aider à œuvrer pour un monde meilleur.

Pour Eric Schmidt, les adolescents d’aujourd’hui sont généralement plus intelligents, plus optimistes, plus énergiques. Il y a beaucoup de raisons de leur confier ce projet, assure-t-il.

L’ancien CEO de Google précise que pour être exceptionnel, il ne faut pas, par exemple, être uniquement surdoué en mathématiques. Il faut aussi avoir de la créativité, des compétences verbales, le genre de compétences qui permettent d’avoir un grand impact.

Comment être candidat ?

La première phase de candidature a déjà débuté. Elle permettra d’établir une première liste de 100 lauréats en juillet 2021. Pour postuler, il faut installer une application (Hello World – Rise). Il faudra ensuite passer par trois grandes étapes.

  • Une présentation vidéo, dans laquelle le candidat évoque son parcours, ses passions et ses talents.
  • La mise sur pied d’un projet, qui requiert entre 20 et 30 heures de travail. Morceau de musique, développement d’un nouveau produit ou logiciel, création d’un mouvement social ou politique: les possibilités sont nombreuses.
  • Les 500 candidats qui auront été retenus après les deux premières phases passeront un entretien, via lequel ils devront démontrer leurs capacités de résolution de problèmes et de travail d’équipe. Les 100 meilleurs seront déclarés vainqueurs et bénéficieront de l’accompagnement de la structure.

Dénicher l’Einstein afghan

Eric Schmidt explique que son programme se distingue par sa portée mondiale. Il s’adresse à tous, jeune américain issus d’un milieu aisé comme jeune placé dans un centre de réfugiés. Et c’est d’ailleurs cette deuxième catégorie d’adolescents qui enthousiasme particulièrement l’initiateur de Rise. Il a tissé des collaborations avec plusieurs d’associations plus locales à travers le globe (African Leadership Group, Latin American Leadership Academy, …) afin qu’aucune talent ne reste sur le carreau.

Il est convaincu que de jeunes Einstein sommeillent dans des pays pauvres – il cite l’Afghanistan – et qu’ils ont besoin des ressources nécessaires à l’expression de leur potentiel. Il veut les identifier et les faire sortir d’Afghanistan pour devenir un chercheur scientifique, un grand musicien ou quoi que ce soit d’autre.

Schmidt espère que son programme sera assez bien imaginé que pour attirer des jeunes venus de tous horizons. Il a aussi prévu une option pour permettre à des adultes de signaler à Rise les talents d’un adolescent, sans que celui-ci ait besoin d’être lui-même mis au courant de l’existence du projet.

Le rôle à jouer des jeunes d’exception

Quand on lui demande pourquoi il se focalise sur les êtres exceptionnels plutôt que d’investir directement dans les écoles publiques et les soins de santé, Schmidt explique que l’idée n’est pas mauvaise mais qu’elle ne correspond pas à sa conception des choses.

Le progrès, aux États-Unis, est mené par ces personnes exceptionnelles. […] J’ai grandi dans la campagne de Virginie, donc je suis un exemple de cela. Et je porte ces valeurs avec moi. La plupart des gens avec qui je collabore aujourd’hui venaient de milieux modestes et avaient un talent exceptionnel et une chance exceptionnelle. Il serait donc facile de prendre l’argent que j’ai gagné grâce à Google et de l’envoyer dans les écoles. Et ce serait une bonne chose. Mais je ne pense pas que l’effet de levier soit aussi important, et c’est ce qui m’intéresse, conclut-il.