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Les entreprises technologiques ont commis une grosse erreur : elles ont cru que la pandémie ne cesserait jamais

Les entreprises technologiques ont commis une grosse erreur : elles ont cru que la pandémie ne cesserait jamais
Big Tech – Getty Images

La pandémie de coronavirus a fait les beaux jours des entreprises technologiques ces deux dernières années. Mais les jours de gloire des Big Tech sont désormais révolus. La baisse des revenus et le renchérissement de la dette les obligent à réduire les frais de personnel.

Pourquoi est-ce important ?

Twitter et Meta ont récemment procédé à des licenciements massifs. Elon Musk a licencié quelque 3.700 personnes vendredi dernier et Mark Zuckerberg a annoncé en début de semaine que 11.000 employés allaient perdre leur emploi.

Dans l’actualité : pendant la pandémie, les entreprises technologiques ont embauché massivement. Elles sont maintenant obligées de licencier du personnel. Il y a deux raisons principales pour lesquelles 2022 est une année catastrophique pour Big Tech.

  • Hausse des taux d’intérêt : la Réserve fédérale, comme de nombreuses autres banques centrales, resserre sa politique monétaire. Au cours des quatre dernières réunions, la Fed a décidé de relever ses taux d’intérêt de 75 points de base à chaque fois. Dans le même temps, la banque centrale américaine réduit son bilan, ce que l’on appelle également le resserrement quantitatif (QT). Ces deux politiques font qu’il est plus coûteux pour les entreprises de s’endetter, ce qui exerce une pression sur leurs marges bénéficiaires.
  • Baisse des revenus : pendant la crise du Covid, les entreprises technologiques ont vu leurs revenus augmenter fortement. Les mesures strictes et les périodes de confinement nous ont rendus plus dépendants des solutions technologiques. Maintenant que la pandémie appartient au passé, nous sortons à nouveau davantage de chez nous. Conséquence : un besoin en technologie amoindri et donc moins de revenus pour Meta, Amazon et compagnie.

Les entreprises technologiques réalisent qu’elles ont été trop optimistes

Les entreprises technologiques reconnaissent qu’elles regardaient l’avenir avec bien trop de naïveté durant la pandémie.

  • « Pendant la crise Covid, au début des années 2020, nous avons vu l’activité d’Internet augmenter dans le monde entier, y compris une poussée de l’activité de commerce électronique. Cela a entraîné une croissance disproportionnée des revenus à l’époque. Beaucoup ont prédit que cette tendance allait se poursuivre », a écrit Zuckerberg dans un billet de blog. « Je le pensais aussi. C’est pourquoi j’ai pris la décision d’investir davantage. Il s’avère maintenant que c’était le mauvais choix. »
  • Jack Dorsey, qui était le patron de Twitter jusqu’au 29 novembre 2021, a également admis avoir mal évalué la situation lors de la crise sanitaire. « Je me rends compte que beaucoup sont en colère contre moi. Je suis responsable de la raison pour laquelle tout le monde est dans cette situation. J’ai développé l’entreprise trop rapidement. Je m’en excuse », a-t-il tweeté au début du mois, après la vague de licenciements déclenchée par Musk dans son ancienne entreprise.
  • Pendant la pandémie, certaines entreprises technologiques ont également lancé des projets gigantesques. Meta en est un bon exemple. Lorsque Facebook a changé son nom, Zuckerberg a annoncé que son entreprise se concentrerait sur le métavers. Cela a lui coûté cher. Au troisième trimestre de cette année, le développement du métavers s’est accompagné d’une perte de 3,7 milliards de dollars. L’ensemble du projet a déjà coûté 9,4 milliards de dollars à Meta cette année. Et ses revenus sont en baisse de près de 50% par rapport à l’année précédente.

Signes avant-coureurs : le site d’information américain Business Insider note que des nuages sombres étaient visibles à l’horizon depuis un certain temps déjà.

  • Il y a presque un an, Zoom avait déjà annoncé une croissance bien inférieure aux attentes de Wall Street.
  • Au cours de l’été, le développeur de jeux Roblox a déclaré qu’il s’attendait à enregistrer des pertes dans un avenir proche, car ses utilisateurs (principalement des jeunes) passaient plus de temps à l’extérieur.

Conclusion : c’est une bonne chose Zuckerberg et d’autres gros bras du secteur des technologies reconnaissent avoir commis des erreurs. Pourtant, nous devons également noter que pendant la pandémie, ils se sont montrés très naïfs en pensant que le remarquable boom du secteur technologique ne prendrait jamais fin.

(OD)

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