Quand le Qatargate menace l’approvisionnement en gaz

Le Qatar estime que l’enquête qui est menée en Belgique est trop unilatérale, et s’en prend directement au gouvernement belge.

Pourquoi est-ce important ?

Depuis que le "Qatargate" a été révélé la semaine dernière, il est devenu évident que même le Parlement européen n'est pas à l'abri de la corruption. Et cette affaire pourrait coûter cher à l'Europe, surtout si elle cherche des fournisseurs de gaz naturel pour remplacer la Russie.

L’essentiel : le Qatar affirme que l’enquête sur la corruption pourrait avoir un « impact négatif » sur l’approvisionnement mondial en gaz et la sécurité internationale.

  • Le Qatar « dément fermement » avoir soudoyé des parlementaires. Un diplomate du pays parle de « condamnations sélectives basées sur des informations incorrectes découvertes par des fuites », rapporte la VRT.
  • Le pays affirme que la justice belge ne prend pas la peine d’entendre la version qatarie de l’histoire. Le Qatar accuse même la Belgique d’un « manque de coopération ».
  • Il est intéressant de noter que le Qatar utilise l’approvisionnement en gaz comme menace contre notre pays, en soulignant qu’il est un « important fournisseur » de gaz naturel liquéfié (GNL).
  • Ceci alors que les pays européens recherchent fébrilement depuis des mois des pays pouvant exporter du GNL. Le Qatar est l’un des plus grands exportateurs mondiaux de cette matière première.
  • La Belgique n’est pas la seule à faire l’objet de critiques. Le Parlement européen en fait également les frais, après avoir décidé la semaine dernière de suspendre les travaux législatifs avec le pays. Les lobbyistes qataris sont par ailleurs temporairement interdits d’accès aux locaux européens.

Le contexte

Récapitulons : la semaine dernière, une enquête belge a révélé que des députés européens ou leur personnel avaient été soudoyés par un État du Golfe, qui s’est avéré être le Qatar.

  • Ils ont été soudoyés avec de grosses sommes d’argent et d’autres cadeaux pour influencer les décisions économiques et politiques. Entre-temps, le Maroc a également été cité dans l’enquête.
  • Le nom le plus important qui est tombé est celui d’Eva Kaili, une politicienne grecque du groupe social-démocrate au Parlement européen. Elle était l’un des 14 vice-présidents de l’organisme. 900.000 euros ont été saisis chez Kaili et ses proches.
  • L’Italien Pier Antonio Panzeri serait aussi impliqué. Lors des perquisitions de la semaine dernière, 600.000 euros ont été saisis chez l’ancien député européen. Il est à la tête d’une ONG, la mal nommée Fight Impunity, qui semble être la plateforme par laquelle toutes les personnes citées se sont rencontrées.
  • En outre, les eurodéputés belges Marie Arena et Marc Tarabella (tous deux PS) sont mentionnés dans l’enquête, mais n’ont pas fait l’objet d’une inculpation ou d’une arrestation.
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