Engie Electrabel va remettre en service deux centrales nucléaires malgré les critiques

De kernfabriek van Electrabel-Engie in Tihange. - EPA/JULIEN WARNAND
La centrale d’Electrabel-Engie à Tihange. – EPA/JULIEN WARNAND

Engie Electrabel module son parc de production local mais ne peut pas en faire de même avec certains de ses réacteurs nucléaires pour des raisons techniques, a fait savoir mercredi le producteur d’électricité. Il est reproché à ce dernier de ne pas adapter sa production nucléaire en fonction des besoins actuels du marché.

En ce moment, le marché de l’électricité connaît une suroffre. Le vent souffle fort ces derniers jours et le soleil brille mais la demande des entreprises en électricité est au plus bas en raison de la crise sanitaire qui a contraint de nombreuses sociétés à arrêter leurs activités. Les prix sur le marché de l’électricité sont dès lors très bas. Dans ce contexte, certains reprochent à Electrabel de ne pas moduler sa production nucléaire.

« Par rapport à l’an dernier à la même époque, il y a aujourd’hui sur le réseau belge 750 mégawatts de capacités nucléaires disponibles de moins », souligne le groupe énergétique dans un communiqué. Les unités de Doel 1, Doel 2 et Tihange 1 sont à l’arrêt pour les investissements relatifs à la prolongation de leur exploitation.

Concernant les quatre unités nucléaires en exploitation, « il n’est techniquement pas possible de les moduler car le combustible arrive en fin de cycle pour Doel 4 et Tihange 3, qui seront respectivement à l’arrêt à partir des 5 et 6 juin ». Pour Doel 3 et Tihange 2, « leurs possibilités de modulation sont limitées et sont réservées à des situations de dernier recours où la sécurité du réseau électrique présenterait des risques », avance Electrabel.

Malgré les critiques, l’entreprise prévoit de redémarrer Doel 1 et 2. Le premier sera relancé le 15 mai et le second une quinzaine de jours plus tôt. Tihange 1, suivra ensuite le 10 juillet.

Pas la faute d’Electrabel

« Nous examinons la situation au jour le jour. Le planning a déjà été revu et il n’est pas impossible qu’il le soit encore, notamment compte tenu des mesures relatives au coronavirus, comme la distanciation sociale », a précisé une porte-parole d’Electrabel.

L’entreprise intervient par contre bien sur d’autres de ses installations, non nucléaires, en mettant plusieurs unités à l’arrêt.

Concernant les prix de l’électricité, Electrabel indique qu’ils se forment sur un espace interconnecté constitué de la France, l’Allemagne, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas.

« La capacité de production installée sur cet espace interconnecté est de 400 Gigawatts, dont 20 Gigawatts pour la Belgique et 6 Gigawatts (actuellement 4) pour le nucléaire belge. Il est donc évident que la capacité de production nucléaire d’Electrabel n’a pas la faculté de provoquer les mouvements de prix que le marché connait actuellement. »

La Commission de régulation de l’électricité et du gaz (CREG) va s’informer auprès d’Electrabel sur la production nucléaire en cette période exceptionnelle.

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